Neuf constructeurs ont déjà atteint leur objectif d’émission de CO2 pour 2015

D’après un rapport de l’association européenne Transports et Environnement (T&E) sur l’état d’avancement de la réglementation européenne en matière d’émissions de CO2 des véhicules, la moyenne des émissions de CO2 des véhicules neufs vendus en 2013 s’est établie à 127 g/km, contre 132,2 g/km en 2012. Cela signifie que l’objectif moyen prévu pour 2015 - 130 g/km - a déjà été atteint et dépassé de 3 grammes.

Tous les constructeurs ont baissé leurs émissions dans des proportions plus ou moins importantes. Les plus gros efforts ont été fournis par Volvo. Grâce à l’arrivée de son nouveau moteur diesel D4 de 180 ch, ses émissions ont baissé de 8 % l’an dernier, à 130,8 g de CO2 par km. Le groupe Renault a également fortement réduit ses émissions moyennes (- 7,8 %, à 114,9 g/km), devenant le premier constructeur d’Europe en matière d’émissions de CO2. Il détrône à cette place le groupe Fiat, qui a longtemps bénéficié de la nature de sa flotte vendue (essentiellement des citadines avec Fiat et Lancia). Chez Renault aussi la part des citadines dans ses ventes est importante, mais le constructeur a également tiré profit du lancement de la Zoé. Les véhicules émettant moins de 50 g de CO2/km comptent en effet pour 3,5 voitures dans le calcul des émissions moyennes d’un constructeur (en 2014, ce coefficient sera abaissé à 2,5, puis à 1,5 en 2015). Ainsi, même si la Zoé n’a représenté que 1 % des ventes européennes de Renault (8 262 unités), elle a pesé à hauteur de 4 % dans le calcul des émissions des ventes de la marque au losange. A l’inverse de Renault, mais également des autres groupes dont les émissions ont baissé plus vite que la moyenne des constructeurs (- 4 % en moyenne), Fiat est le seul dont les émissions ont augmenté en 2013. Faute de nouvelles technologies, elles ont augmenté de 0,5 %, mais sa moyenne reste faible, à 118,8 g/km.

Neuf groupes ont déjà atteint l’objectif d’émissions de CO2 fixé pour 2015. Quatre l’avaient déjà dépassé dès 2012 : PSA, Renault, Toyota et Volvo. Fiat, BMW, Daimler, Ford et Volkswagen l’ont atteint et dépassé cette année. D’autres en sont tout proche. C’est le cas de General Motors et Nissan. La moyenne des émissions des véhicules vendus par GM en 2013 est de 132,8 g/km (- 1,3 % par rapport à 2012), alors que son objectif pour 2015 est fixé à 132,1g de CO2/km (0,7 g d’écart). Chez Nissan, la moyenne pour 2013 s’est établie à 130,9 g/km (- 4,7 % par rapport à 2012), pour un objectif en 2015 de 130,3 g/km (0,6 g d’écart).

Le chemin est encore long en revanche pour Hyundai (à 2,6 g de son objectif) et des trois constructeurs japonais, Mazda (à 4 g), Honda (à 6,6 g) et Suzuki (à 8,8 g). S’ils ne parviennent pas à leur objectif d’ici à 2015, ils devront payer des amendes particulièrement élevées, dont le montant sera calculé avec la progressivité suivante : 5 euros par véhicule vendu pour le premier gramme, 15 euros pour le 2ème gramme, 25 euros pour le 3ème gramme et 95 euros pour le 4ème gramme et les suivants.

En début d’année, l’objectif de réduction des émissions à l’horizon 2021 a été adopté. A cette date, la moyenne des émissions des véhicules neufs vendus en Europe devra se situer à 95 g/km. En 2020, cet objectif devra avoir été réalisé à hauteur de 95 %. Cela représente un effort supplémentaire de 32 grammes si on compare cet objectif à la moyenne des émissions des véhicules vendus en 2013. Là encore, certains constructeurs sont en bonne position pour y parvenir. Au rythme des progrès accomplis au cours de ces six dernières années, PSA, Renault, Volvo, Toyota, Ford et Daimler auront tous atteint leur objectif avant l’échéance, prévoit T&E. A l’inverse, si Fiat n’investit pas dans la technologie, il ne parviendra pas à son objectif avant 2022, a calculé l’association.

Pour les constructeurs japonais qui affichent aujourd’hui un certain retard (Suzuki, Mazda et Honda), T&E estime que la récente annonce de leur collaboration technologique est rassurante. Toyota, Honda, Nissan, Suzuki, Mazda, Mitsubishi, Daihatsu et Fuji Heavy projettent en effet de développer d’ici à 2020 une technologie qui réduira les émissions de dioxyde de carbone des moteurs de 30 % par rapport à celles de 2010. (AUTOACTU.COM 28/5/14)

Alexandra Frutos