Navya livrera ses premiers véhicules autonomes en novembre

La jeune société française Navya, fondée par Christophe Sapet (fondateur de la société d’édition de jeux video Infogrames), démarre la production en série d’un véhicule 100 % autonome. Baptisé Arma, ce véhicule est une navette électrique destinée à transporter jusqu’à 15 personnes sans conducteur à une vitesse maximale de 45 km/h. Grâce aux différentes technologies dont elle est équipées (laser, GPS, odomètre, centrale inertielle et stéréovision), la navette Arma est capable de détecter et de classifier le type d’obstacles (mobile ou fixe) qu’elle rencontre, d’analyser le comportement des autres véhicules dans son environnement et de planifier son itinéraire et sa trajectoire. « Grâce à la fusion de ces cinq technologies, nous sommes capables d’assurer un niveau de perception et de sécurité totale. Néanmoins, nous avons également implanté un système de liaison avec le serveur de façon à lui donner un ordre lorsque c’est nécessaire », souligne M. Sapet. Il cite pour exemple le cas où la navette se trouverait derrière un véhicule en panne sur une route à double voies séparées par une ligne blanche : « dans ce cas, la navette ne franchira pas la bande blanche pour doubler le véhicule. Nous devons donc être en mesure de lui donner l’ordre de franchir l’obstacle à distance ». Ce contrôle à distance doit également servir à effectuer la maintenance et les mises à jour de logiciel.

La navette est par ailleurs conçue de façon symétrique (même avant et arrière) pour pouvoir rouler dans les deux sens sans man’uvre spécifique. « Lorsque le sens de circulation change, tous les feux (stop, clignotants, etc.) sont inversés », précise M. Sapet.

Même si la Convention de Vienne n’a pas encore été modifiée pour permettre la circulation des véhicules autonomes sur route, Navya a décidé de commercialiser sa navette en la réservant à des circuits fermés. La société vise donc la clientèle des aéroports, des sites industriels, des parcs d’attraction, des centres de congrès, etc. « Pour le moment, nous nous concentrons sur les marchés français et européen, où nous avons identifié un potentiel de 10 000 véhicules », indique le dirigeant. La société a déjà enregistré dix commandes de l’Arma, dont deux seront livrées le 15 novembre (elles sont produites à Lyon). M. Sapet n’a pas souhaité révéler le nom du client auquel elles se destinent, mais il a indiqué qu’elles serviraient à « une expérimentation en centre-ville », à priori dans un autre pays européen.

L’Arma est commercialisée à partir de 160 000 euros avec un pack batteries d’une autonomie de 6 à 8 heures. La navette est néanmoins conçue pour recevoir jusqu’à 4 pack batteries qui se rechargent par induction. « C’est un coût rapidement amorti puisqu’en supprimant notamment le poste de chauffeur, la navette Arma permet de réduire de 30 % en moyenne le coût d’exploitation de ce type de service de transport », indique M. Sapet. Avec cet argument et la création à venir d’une offre de location, le dirigeant entend atteindre dès 2016 une centaine de véhicules vendus et atteindre ainsi son point mort. (AUTOACTU.COM 1/10/15)

Alexandra Frutos