Michelin prend des mesures pour améliorer la compétitivité de son outil industriel

Michelin a confirmé le 10 juin qu'il comptait arrêter la production de pneus pour poids lourds sur son site de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) d'ici au premier semestre 2015, ce qui entraînera la suppression de quelque 730 postes. Le manufacturier compte regrouper sa production française de pneus pour poids lourds à La Roche-sur-Yon (Vendée). Cette décision s'explique par la forte baisse de la demande pour ce type de pneus en Europe. La capacité de production du site vendéen passera ainsi de 800 000 à 1,6 million d'unités par an d'ici à 2019 et 170 postes devraient y être créés.

Joué-lès-Tours serait « alors spécialisé dans les produits appelés semi-finis », précise Michelin, avec à la clé le maintien d'environ 200 emplois sur les 930 existant actuellement. « 250 [salariés] pourraient bénéficier d'un aménagement de fin de carrière » et les autres se verront proposer « deux postes correspondants à [leurs] compétences sur un autre site de Michelin en France », précise un communiqué.

Michelin veut parallèlement augmenter sa production de pneus de génie civil et agricole dans l'Hexagone, moderniser son centre de recherche et d'innovation à Clermont-Ferrand et investir en tout « environ 800 millions d'euros en France de 2013 à 2019 », ce qui devrait lui permettre d’embaucher 1 700 personnes en France sur la période.

Le manufacturier va en revanche céder ses activités de fabrication de pneus pour poids lourds et de vente en Algérie à la société algérienne Cevital, et arrêter de fait la production de pour pneus poids lourds dans ce pays fin 2013. Cevital « s'est engagée à proposer à chacun des 600 salariés de l'usine un emploi dans une de ses activités dans le pays », souligne Michelin.

Dans un entretien accordé au FIGARO (11/6/13), Jean-Dominique Senard, président de la gérance de Michelin, explique que les décisions qui viennent d’être annoncées ont pour seul objectif d’améliorer la compétitivité de l’outil industriel et donc d’en garantir la pérennité. « Nous voulons accomplir une mutation de notre outil industriel, de façon à ce qu’il reste compétitif. Il n’est pas question pour Michelin de privilégier les pays à forte croissance au détriment de l’Europe et de la France en particulier », a-t-il indiqué.

« Il n'y a pas de sujet de fermeture d'usines aujourd'hui c'est clair, je n'ai pas l'habitude de la langue de bois », a-t-il par ailleurs déclaré sur Europe 1. (AFP 10 et 11/6/13, ECHOS, FIGARO, LIBERATION, PARISIEN 11/6/13)

Alexandra Frutos