Michelin investit 22 millions d'euros pour restructurer l’usine de Joué-lès-Tours

Michelin entame ce mois-ci un lourd chantier de restructuration de son usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), où il a supprimé 706 postes en juin 2013. L’investissement, qui représente 22 millions d'euros, comprend notamment l'édification d'une nouvelle chaufferie au gaz. Le chantier, confié à Quille, filiale de Bouygues, devrait s'achever en octobre prochain. « Nous concentrons nos forces en rassemblant les ateliers sur 8 hectares, au lieu de 32 précédemment. L'usine était vieillissante, elle sera plus conforme au standard d'un groupe mondial », explique Olivier de Chassey, directeur de l'usine. Les 24 hectares restants seront dépollués et rasés à partir du dernier trimestre de 2015. « Ils seront vendus, en priorité à des industriels. L'un des ateliers, muni de ponts roulants, intéresse une entreprise », ajoute le dirigeant. Ce démantèlement est estimé à une vingtaine de millions d'euros.

Spécialisée dans les pneus pour poids lourds, l'usine Michelin de Joué-lès-Tours se reconvertit dans des productions de niche. La dernière série de pneus de grande taille est sortie des lignes juste avant les vacances de fin d'année. Le manufacturier veut spécialiser le site dans les membranes, des enveloppes de caoutchouc qui servent à mouler et à cuire les pneus dans d'autres usines. L’usine dispose également d'une immense machine de calandrage, une sorte de métier à tisser métallique grand format sur lequel vient se fondre du caoutchouc. « Cette matière étant très lourde, elle coûte cher à transporter. Il faut un site central comme celui-ci pour desservir des usines du centre et de l'ouest de la France », explique Bertrand Metras, directeur de production.

L'usine tourangelle récupère 90 % de la production mondiale de « flaps », qui sont des protections de fond de jante. La production est rapatriée de Thaïlande et de Chine. Au total, 200 personnes font tourner ces ateliers. (ECHOS 2/1/15)

Alexandra Frutos