Michelin envisage des acquisitions ciblées dans les marchés émergents

« L’an dernier, nous avons investi près de 2 milliards d’euros, soit 10 % de notre chiffre d’affaires, ce qui constitue un effort considérable. Dans le même temps, nous sommes parvenus à désendetter presque totalement Michelin. C’est un évènement », a déclaré le patron du groupe Jean-Dominique Senard, dans un entretien accordé au FIGARO (12/2/14). « Ne pas avoir de dette n’est pas un but en soi. Nous pouvons donc envisager des acquisitions ciblées s’inscrivant dans notre stratégie, mais il ne faut pas faire n’importe quoi et à n’importe quel prix. Géographiquement, nous regardons particulièrement les pays émergents, notamment l’Asie et tout ce qui peut renforcer notre c’ur de métier », a-t-il ajouté.

Michelin ne prévoit pas de nouvelle fermeture d’usine en France, après le transfert en Vendée de la production de pneus pour poids lourds de son unité de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), avec à la clé 706 suppressions de postes. « Aujourd'hui, il n'y a aucun projet de ce type, même s'il est impossible de dire jamais. Nous devons faire oeuvre de volontarisme pour maintenir une industrie en France », a déclaré M. Senard. Rappelant que Michelin prévoyait d'investir 800 millions d'euros d’ici à 2019 dans l'Hexagone, le dirigeant a souligné qu’il s’agissait d’un « signe fort » de l’attention portée par le groupe à son « ancrage en France ».

Interrogé sur le pacte de responsabilité proposé aux entreprises par François Hollande, M. Senard a appelé le gouvernement à « passer rapidement aux actes », jugeant qu'il y avait « même une certaine urgence à agir » en matière de réduction de la dépense publique. « Cela veut dire des efforts, mais je crois que le pays est prêt à les accepter pour peu qu'il perçoive les enjeux et le terme des efforts », a-t-il estimé.

Pour autant, le patron de Michelin a récusé l'idée de contreparties « normées » aux baisses de charges pour les entreprises, estimant qu’il ne fallait plus leur « imposer de contraintes supplémentaires ».

Alexandra Frutos