Megacities Institute liste les préoccupations des conducteurs européens

Trois mois après sa fondation, l'association Megacities Institute a publié, le 27 juin, le résultat de sa première étude, qui a révélé que le trafic automobile, le stationnement et la pollution de l'air constituaient les trois préoccupations essentielles des adultes dans dix principales métropoles européennes. Ce classement a été déterminé à la suite d’une étude du Gipa, réalisée pour le compte de Megacities Institute, l'association cofondée par le cabinet d'étude français, Bosch et l'assureur Allianz.

Des sept catégories de problématiques définies, la congestion arrive donc en tête. C’est la ville de Moscou (87,6 %) qui compte le plus de critiques vis-à-vis des conditions de circulation. Rome et Varsovie placent également ce paramètre en haut de la liste des doléances. Avec 36,2 %, Barcelone fait figure de meilleur élève de la classe, devant Paris. Megacities Institute relève que plus de deux habitants de métropoles sur deux (53,2 %) ont une mauvaise opinion du trafic routier dans leur ville. Pour mieux évaluer, prenons un autre chiffre : à Moscou, il faut en moyenne trois minutes et cinquante-six secondes pour couvrir un kilomètre en voiture, contre une minute et treize secondes à Lyon.

Le Gipa a sondé 3 100 personnes en face à face, non seulement dans les villes concernées, mais parfois dans tout le pays. Ce qui probablement influence l'impact de l'item stationnement sur le résultat. Ainsi, 50,7 % des conducteurs se plaignent des solutions disponibles. Le manque de places constitue le premier problème à Berlin, Rome et Madrid. La capitale espagnole sera justement à analyser de plus près. Pour beaucoup, elle fait office de modèle depuis la dépénalisation et l'adoption de mesures incitant à une plus forte rotation. Le Gipa n'a pas de données précises, mais il apparaît intéressant de comprendre les raisons des critiques formulées par les habitants, à quelques mois de l'entrée en vigueur d'un modèle similaire en France.

La pollution est par ailleurs désignée comme troisième problématique la plus récurrente, sans avoir plus d'éléments sur ce que les interrogés désignent par là. Si, à Moscou, Londres et surtout Berlin (17,7 %), elle n'est pas une nuisance significative, il n'en est pas de même à Lyon (75,5 %), Milan, Paris et Barcelone (moyenne européenne à 45,3 %). Au Gipa, on pondère. « Le sondage a été réalisé dès le mois de janvier, les mesures de restrictions de circulation liées au pic de pollution ont attiré naturellement l'attention », a-t-il été expliqué lors de la conférence de présentation.

En Europe, la métropole de Londres a une spécificité : ses habitants sont les seuls à parcourir moins de 10 000 km par an, selon leurs déclarations. En moyenne, les sondés revendiquent 12 323 km annuels. Un chiffre tiré notamment par les madrilènes, à 14 703 km par an. Une donnée qui a poussé Megacities Institute à évaluer le nombre d'habitants de métropoles ayant l'occasion de réaliser des parcours longs. D'après le sondage, 29,7 % des conducteurs ne font jamais des trajets de plus de 300 km. « Est-ce une clé pour le véhicule électrique de meilleure autonomie ? », interroge Franck Cazenave, récemment nommé président de l'association. (JOURNALAUTO.COM 27/6/17)

Alexandra Frutos