Mazda, l'électron libre de l'industrie automobile japonaise

Alors même que Sergio Marchionne vient de relancer les spéculations sur une éventuelle fusion de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) avec General Motors en vue de créer un géant disposant de 30 milliards de dollars de liquidités annuelles, Mazda poursuit sa route, seul. Dans un secteur qui pousse à la consolidation pour atteindre la fameuse taille critique, Mazda entend bien maintenir sa particularité, observe le Journal du Dimanche.

A rebours des mastodontes Toyota ou Honda, Mazda a organisé sa relance autour de choix radicaux de design et de technologies. Depuis son échec avec Ford, qui a détenu jusqu'à 35 % de son capital, le petit constructeur poursuit sa croissance très rentable, avec des ventes mondiales qui devraient se situer autour de 1,5 million d'unités cette année et des profits estimés à 1,5 milliard d'euros. Le renouveau est d'abord passé par un travail rigoureux sur la gamme, presque totalement renouvelée, explique le Journal du Dimanche. "Après le départ de Ford en 2008, nous avons opté pour une stratégie mondiale de positionnement : sortir le meilleur produit dans chaque segment", souligne Mazda. "La mise en application industrielle s'est faite en 2010-2011, la commercialisation des premiers modèles à partir de 2012". Dès l'année suivante, les ventes ont commencé à progressé de façon significative, affichant en 2014 une hausse de 19 % en Europe et accélérant partout dans le monde. Les lancements s'enchaînent depuis deux ans : Mazda 2, Mazda 6, SUV CX-5 et surtout le CX-3, petit tout terrain compact du moment qui connaît un franc succès. "Ce modèle contient tous les ingrédients Mazda : le design affirmé, la performance dynamique et un équipement au-dessus de ses concurrents", explique Mazda.

Coté motorisations, Mazda se distingue également par l'absence d'hybrides et d'électriques et, s'agissant de la stratégie industrielle, il se singularise là encore par l'absence d'usine en Europe. Cette différence fait partie de l'histoire de la marque. "Avec nos racines à Hiroshima, nous sommes un peu les provinciaux de l'industrie automobile japonaise", indique le constructeur.

Mazda vient par ailleurs de conclure un accord technologique avec Toyota, sans échange de capital. Akio Toyoda, directeur général de Toyota, a rendu hommage à son concurrent et néanmoins partenaire : "Comme il l'a prouvé avec ses technologies Skyactiv et son langage Kodo, Mazda réfléchit en permanence à l'avenir de l'automobile tout en restant fidèle à ses racines".

Juliette Rodrigues