Avec Pininfarina, Mahindra poursuit sa stratégie de croissance

Six mois après avoir repris la division scooters de PSA, Mahindra poursuit sa stratégie de croissance avec la finalisation de l’acquisition de Pininfarina. Le groupe indien a acquis le carrossier italien pour 33 millions d’euros environ, ce qui lui permettra de développer ses propres activités de design. Mahindra entend faire du designer italien une de ses principales têtes de pont en Europe.

La transaction avec Pininfarina se fera par l’intermédiaire d’une nouvelle structure dont Mahindra & Mahindra détiendra 40 % du capital et Tech Mahindra, société d’externalisation informatique, le solde. Cette coentreprise prendra 76,06 % du capital de Pininfarina à raison de 1,1 euro par action et lancera également une OPA au même prix sur les minoritaires. L'opération doit être bouclée au premier semestre de 2016 et la coentreprise injectera 20 millions d’euros dans Pininfarina par le biais d’un placement de titres.

"Pininfarina demeurera une compagnie indépendante, cotée à la Bourse de Milan, avec Paolo Pininfarina à sa présidence", a précisé Mahindra. "C’est un grand jour. Pininfarina est une entreprise plus mondiale et plus forte que jamais", s’est félicité de son coté Paolo Pininfarina, président du carrossier italien. "L’essentiel est de savoir conserver le patrimoine du passé, mais aussi de se projeter dans l’avenir en prenant de l’avance", aimait à répéter en son temps Sergio Pininfarina, père de Paolo et fils du fondateur.

Pininfarina fait partie du trio des pionniers du design industriel italien avec Bertone et Giugiaro. Face à de sérieuses difficultés financières, l'entreprise a dû arrêter la production automobile pour ses clients constructeurs en 2011, afin de se recentrer sur ses activités de design et d’ingénierie. Pour son dernier exercice, Pininfarina a réussi à limiter sa perte nette à 1,3 million d’euros sur un chiffre d’affaires de 86,6 millions d’euros (contre une perte nette de 10,4 millions un an plus tôt). Mais le carrossier a vu ses effectifs fondre de plus de moitié, de 1 600 à 680 salariés, en l’espace de quinze ans, et a un besoin urgent d’un grand partenaire pour "mettre l’entreprise en sécurité" et assurer son développement.

Ssangyong, que Mahindra a racheté en 2011, pourrait également bénéficier du savoir-faire de Pininfarina. Spécialisé dans les tout terrain, Ssangyong a vendu quelque 150 000 véhicules en 2015. En 2016, le volume pourrait se situer entre 170 000 et 200 000 unités, "mais la situation dans certains marchés est incertaine", a indiqué le directeur général du constructeur coréen Choi Johng-sik. Le constructeur fonde de grands espoirs dans le Tivoli, dont il compte vendre plus de 100 000 unités par an à terme.

Juliette Rodrigues