Mahindra & Mahindra a entamé une offensive à l'international

Le groupe indien Mahindra, deuxième groupe industriel indien qui fédère sept grandes filiales, dont Mahindra & Mahindra (automobile) et Mahindra CIE Automotive (ingénierie automobile), a entamé depuis quelques années une vaste vague d'acquisitions à travers le monde. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de quelque 15 milliards d'euros en 2013-2014 et emploie 180 000 personnes au total.

En Inde, Mahindra & Mahindra a finalisé l'année dernière le rachat des parts que détenait Navistar International dans leurs deux coentreprises, Mahindra Navistar Automotive et Mahindra Navistar Engines. Le montant global de la transaction s’est élevé à 33 millions de dollars. Mahindra & Mahindra se renforce également sur le segment des voitures et utilitaires légers. Il travaille notamment au développement de quatre nouvelles plateformes pour véhicules tout-terrain, métis et utilitaires légers, qui devraient voir le jour en 2015. Les premiers véhicules dotés de ces nouvelles architectures feront leur apparition à partir de 2016. Il estime en outre que les véhicules électriques finiront par séduire les automobilistes et se prépare à lancer le petit e20, présenté au Salon de New Delhi. Le véhicule "sera commercialisé dès que possible", précise le constructeur, ajoutant que l’usine de Bangalore, construite à cet effet, est déjà prête (elle pourra fabriquer 30 000 véhicules par an). "D’ici à 10 ans, les choses auront changé ; les infrastructures se seront développées et les véhicules circuleront dans les rues indiennes", indique Pawan Geonka, directeur général de Mahindra. Mahindra compte également lancer la sportive Halo (électrique), dévoilée en tant que concept car à New Delhi. Il compte en outre introduire des tout-terrain hybrides, développés avec le groupe Samsung et des fournisseurs européens et américains.

Mais l'ambition de Mahindra ne s'arrête pas aux frontières indiennes. Le groupe envisage de construire une usine au Brésil afin de contourner les tarifs douaniers récemment introduits par le gouvernement de Dilma Roussef dans le cadre du Plan "Inovar-Auto". Ce plan, annoncé fin 2012 et applicable jusqu’en 2017, vise à soutenir l’industrie brésilienne moyennant des subventions fiscales. "Notre usine serait nécessairement située autour de Rio ou de São Paulo, pour bénéficier des infrastructures de transport et réduire les coûts de logistique", précise Mahindra.

Mahindra & Mahindra a par ailleurs annoncé au début du mois de décembre qu'il allait prendre une participation majoritaire dans NEVS (National Electric Vehicle Sweden), propriétaire de la marque Saab. L’accord, qui devrait être finalisé début 2015, permettra notamment de financer les coûts de fonctionnement de Saab. Pour rappel, NEVS avait été placé en redressement judiciaire le 29 août, le temps de retrouver des financements.

De plus, un "plan de redressement de l’activité" Peugeot Scooters, présenté le 7 octobre en comité d’entreprise extraordinaire par PSA, a officialisé un projet de partenariat aux termes duquel le conglomérat Mahindra devrait investir 15 millions d’euros et acquérir 51 % du capital de Peugeot Scooters, qui emploie 488 personnes sur son site français de Mandeure (Doubs). L’entreprise vise une "clôture de négociation" avec Mahindra en 2015.

Mahindra a également établi son premier centre technique américain à Troy, près de Detroit. Mahindra Engineering Services qui emploie actuellement 152 ingénieurs. Le projet de Mahindra de commercialiser un pick-up compact diesel aux Etats-Unis n’a pas abouti, mais l’entreprise souhaite néanmoins intégrer le classement des 20 premiers constructeurs mondiaux d’ci à 2020. Le constructeur, qui avait tenté, sans succès, d’introduire ses véhicules sur le marché américain en 2006, souhaite renforcer ses ressources techniques locales afin d’améliorer ses véhicules et d’assurer leur conformité aux normes américaines.

Enfin, Mahindra et Ssangyong vont investir conjointement 900 millions de dollars au cours des quatre prochaines années en vue de développer de nouveaux produits. Mahindra, qui a pris une participation de 70 % dans le capital de Ssangyong en mars 2011, souligne que ce nouvel investissement s’ajoute à celui déjà prévu sur la période de trois ans qui s’achèvera fin 2014.

Juliette Rodrigues