M. Ghosn surpris par la mobilisation au Brésil

De passage au Brésil, Carlos Ghosn, président de Renault et de Nissan, a déclaré être "fortement surpris et impressionné" par l'ampleur du mouvement de protestation à travers le pays, notamment à Rio. "On doit attendre avant de pouvoir analyser cette mobilisation ; quelles en sont les raisons réelles ? Est-ce durable ou passager ?", s'interroge M. Ghosn.

Sans juger la nature du mouvement social, le patron de Renault-Nissan pointe en revanche le manque de compétitivité de l'économie brésilienne. Première entrave : la fiscalité, beaucoup plus élevée que dans les autres pays, qui freine notamment les exportations et empêche, pour l'instant, l'introduction de voitures électriques au Brésil.

Autre paradoxe cité par M. Ghosn : le Brésil est riche en minerai de fer et dispose d'une industrie sidérurgique nationale, mais l'acier importé de Corée du Sud est moins cher que l'acier produit localement. "On va devoir s'attaquer à ces questions de compétitivité. Si les problèmes ne sont pas traités, le Brésil risque de retomber dans l'estime des investisseurs et de n'être plus qu'un pays parmi tous les autres émergents, au lieu de figurer en haut de l'affiche", explique M. Ghosn. (ECHOS 20/6/13)

Juliette Rodrigues