M. Chapelle évoque les projets de PSA et la collaboration avec GM

Dans un entretien accordé à LARGUS.FR (26/6/13), Christian Chapelle, directeur des chaînes de traction et châssis de PSA Peugeot Citroën, évoque l'alliance avec General Motors, les choix stratégiques du constructeur et les projets en cours de développement. « Le groupe souhaite monter en gamme, et pour cela, nous devons présenter des avantages technologiques dans tous les domaines, mais qui doivent être supportables financièrement par le client. En mécanique, notre base restera, pour de nombreuses années, le moteur thermique. A l’horizon 2020, il représentera 95 % des ventes, dont 15,% en hybride. S’ils doit encore progresser, le travail sur les transmissions devient primordial afin de faire travailler le moteur dans ses meilleurs points de rendement », explique-t-il.

Avec Ford, « le partenariat se poursuit sur la famille DV (1.4 et 1.6 HDi) puisque l’on prépare, avec eux, un nouveau bloc DV5 (1.5 HDi) pour 2017.
En revanche, pour la famille DW (2.0 et 2.2 HDi), nous avons décidé de ne pas poursuivre la collaboration à partir de 2017, car nos attentes sont différentes. Ford a besoin d’un nouveau moteur pour remplacer son bloc 2.2 Puma, dédié aux utilitaires, alors que PSA souhaitait faire progresser le 2.0 HDi », indique M. Chapelle.

« GM a acquis la propriété industrielle des moteurs EB [trois-cylindres atmosphérique et turbo] et les futures évolutions [après 2017] seront réalisées en commun. C’est signé et l’avenir se construit ensemble. L’alliance porte aujourd’hui sur les véhicules et le moteur EB, mais on regarde si le futur au niveau mécanique peut s’écrire ensemble. La question du renouvellement des blocs à essence de 150 à 200 ch se posera au sein des deux groupes au moment d’Euro-7 (2020-2021). Nous allons essayer de renouveler nos moteurs conjointement.
En diesel, la refonte du moteur DV se fera avec Ford. Si nous avons choisi de ne pas remplacer le 2.0 HDi en 2017, il faudra s’y pencher à un moment, tout comme GM avec son 2.0 CDTi. Il y aura peut-être des opportunités avant, mais ce n’est pas facile d’intégrer un moteur dans une plateforme qui n’a pas été prévue à cet effet. Ce qui fait du sens dans une coopération, c’est lorsque l’on démarre ensemble un projet en prenant en compte les contraintes de chaque constructeur », explique par ailleurs le responsable.

Evoquant la façon dont se matérialisent les relations de PSA avec GM, M. Chapelle indique que, dans un premier temps, PSA fournit les plateformes, les architectures électriques et les groupes motopropulseurs. « Tout se passe bien, les trois projets sont en route et, depuis six mois, nous avons mis en place une équipe baptisée « Liaison Team », qui fait le lien entre GM et PSA. La moitié est basée à Rüsselsheim chez Opel et l’autre dans nos locaux. Pour l’heure, elle travaille sur la gamme de véhicules européens et dans une moindre mesure sur les moteurs. Elle pourrait évoluer lorsque l’on discutera des modèles sud-américains et mondiaux », déclare-t-il.

Alexandra Frutos