Les voitures flex-fuel au Brésil : dix ans de succès et de turbulences (1/2)

Le 24 mars 2013, le Brésil a célébré les dix ans de l’arrivée du premier véhicule à moteur Flex-Fuel sur son marché, la Volkswagen Gol Total Flex. Une étape décisive pour cette technologie, qui, en 2012, a équipé 87 % des voitures et véhicules utilitaires légers neufs vendus dans le pays (88,3 % au cours des deux premiers mois de 2013) et qui commence à être disponible sur certains modèles importés également. Aujourd'hui, plus d'une soixantaine de voitures Flex-Fuel sont proposées sur le marché brésilien, notamment par Citroën, Fiat, Ford, General Motors, Honda, Mitsubishi, Peugeot, Toyota et Volkswagen.

Pour bien comprendre comment et pourquoi le Brésil possède une telle avance dans l’utilisation de carburants dits « verts », il faut remonter aux années 70. En 1973, alors que le baril du pétrole s’échangeait à moins de 3 dollars (contre 75 dollars actuellement), le premier choc pétrolier a poussé le gouvernement brésilien à trouver une solution de substitution. Le sucre est alors très bon marché et le Brésil lance le programme « Proàlcool » avec comme objectif de remplacer l’essence par un carburant issu de la biomasse : l’éthanol. Une tonne de canne à sucre permet de produire l’équivalent énergétique de 1,2 baril de pétrole.

L’éthanol est, aujourd’hui au Brésil, une ressource disponible en grande quantité et 40 % de la production locale est exportée. Le résultat ne s’est pas fait attendre et la vente de véhicules 100 % éthanol s’est envolée. Mais en 1987, alors même que le parc automobile avait commencé à se transformer, tout s’est soudainement arrêté. Le prix de l’essence à chuté, les aides du gouvernement brésilien se sont arrêtées et le prix du sucre ? donc de l’éthanol ? s’est envolé. Le marché des voitures 100 % éthanol s’est effondré en quelques mois seulement. Les Brésiliens ne voulaient plus entendre parler d’éthanol et se sont rapidement réorientés vers des voitures à motorisation « classique » essence dans l’espoir d’économiser sur le prix du carburant.

Les constructeurs vont alors proposer des moteurs Flex-Fuel, qui marquent le début d'une révolution. Les moteurs Flex-Fuel peuvent fonctionner à la fois avec de l’essence, du bioéthanol ou un mélange des deux, quel que soit le taux d’essence et d’éthanol.

Juliette Rodrigues