Les voitures autonomes représenteraient un marché de plus de 500 milliards d'euros d'ici à 2035

Le marché de la voiture autonome pourrait représenter plus de 500 milliards d'euros à l'horizon 2035, mais les constructeurs d'automobiles n'en capteront qu'une partie et devront man’uvrer avec vigilance face aux « nouveaux entrants », selon une étude publiée le 4 septembre par le cabinet de consultants AT Kearney (cf. revue de presse du 4/9/15). D’après ce document, les technologies de véhicules sans chauffeur, sur lesquelles travaillent la plupart des grands groupes automobiles, vont s'imposer par étapes dans les 20 prochaines années et atteindre 17 % de la valeur du marché automobile mondial à cet horizon. Mais « l'achat de véhicules autonomes ne comptera que pour moitié » du gâteau de 515 milliards d'euros promis à ce secteur, « l'autre étant composée d'applications et de services et des systèmes de sécurité active associés », prévient AT Kearney dans ce rapport divulgué à 10 jours de l'ouverture du Salon de Francfort.

Le grand rendez-vous européen de l'automobile, organisé tous les deux ans en alternance avec le Mondial de l’Automobile de Paris, mettra cette année en vedette les technologies connectées et autonomes, vues comme un des grands axes de développement de ce secteur dans les prochaines années. Une tendance confirmée par AT Kearney, qui voit les technologies autonomes se répandre par étapes dans les véhicules neufs. Certains modèles de haut de gamme, notamment allemands, proposent déjà une conduite semi-autonome dans les embouteillages, avec des régulateurs de vitesse perfectionnés, mais la réglementation interdit encore aux conducteurs de lâcher le volant.

La plupart des constructeurs et équipementiers ?uvrent par ailleurs à la mise au point de modèles capables de se déplacer sans action humaine sur l'accélérateur, le frein ou le volant. Ces véhicules bardés de capteurs vont donner du temps libre aux occupants devenus tous passagers. Ce temps libre est convoité, selon AT Kearney, par les « nouveaux entrants » venus du monde de la haute technologie (Google, Apple, Microsoft, etc.) via des services connectés. « Dans une industrie à faible marge comme l'automobile, les constructeurs et équipementiers courent le risque de laisser les revenus à haute valeur ajoutée aux nouveaux entrants s'ils ne sont pas vigilants », résume le cabinet de consultants.

L'étude insiste aussi sur le saut psychologique nécessaire avant de confier sa sécurité à une machine. « Les constructeurs devront faire beaucoup de pédagogie pour expliquer les bénéfices apportés par la voiture autonome » et « rassurer les clients sur la sécurité en mode de conduite autonome et sur la protection de leurs données », soulignent ses auteurs. (AFP 4/9/15)

Alexandra Frutos