Les transports intelligents : nouveau défi pour les constructeurs au cours des prochaines décennies (2/2)

Comme chaque année depuis 1994, les transports intelligents tiennent leur salon par le biais de l’ITS (Intelligent Transports Systems). Installé à Tokyo cette année, du 14 au 18 octobre, il permet aux pouvoirs publics, aux organismes de recherche et aux entreprises privées des quatre coins du globe de présenter leurs travaux, mais aussi d’échanger au travers de conférences et de démonstrations. Acteur incontournable des mobilités intelligentes et écologiques, Toyota était, bien entendu, de la partie.

Le constructeur japonais a mis l’accent sur quatre domaines bien précis. Premier d’entre eux, les STI coopératifs qui mettent en avant des systèmes déjà existants complétés par d’autres en cours d’expérimentation (détection de piétons ou de véhicules alentours, technologie anticollision, régulateur de vitesse coopératif-adaptatif). Deuxième thématique : le développement d’outils de circulation urbaine de nouvelle génération visant à éliminer le stress au volant, et ainsi permettre aux automobilistes de conduire en toute sérénité. Troisième thématique : la gestion énergétique, qui a également pris une place de choix sur le stand de la marque. Une vidéo présentait ainsi les projets de société décarbonnée en cours d’essai à Toyota City, avec notamment un système de gestion des données énergétiques ou encore une Prius rechargeable capable de servir de groupe électrogène en cas de panne d’électricité, chez soi par exemple. Dernière thématique, celle des télématiques de nouvelles générations avec différents systèmes permettant de connaître la position d’une flotte de véhicules et leur utilisation, apportant une assistance à la conduite plus fiable.

Toyota a ainsi présenté un concept de voiture hybride reprenant les avantages d’un véhicule autonome tout en laissant au conducteur les commandes de son engin. Testé sur une Lexus LS et annoncé "vers 2015", l’AHDA (Automated Highway Driving Assist) est en réalité un système couplant deux technologies : d’une part, le régulateur de vitesse coopératif-adaptatif C-ACC (Cooperative-Adaptative Cruise Control), qui communique avec les véhicules alentours pour conserver une distance de sécurité, et, d’autre part, le dispositif "Lane Trace Control" qui apporte une force directionnelle d’appoint dans le but de maintenir la voiture dans sa file de circulation en cas d’inattention du conducteur.

Parallèlement, Toyota a mis au point un nouveau système de précollision PCS (Pre-Collision System) ayant vocation à prévenir les chocs avec des piétons grâce à un braquage automatisé. Cette technologie vient en complément du freinage renforcé et du freinage automatique de précollision, apparu l’an dernier, et sera déployée sur différents modèles d’ici à 2015.

Mais Toyota n’est pas seul dans cette course. Nissan a présenté une Leaf spécialement préparée. Cette voiture de test électrique pourra circuler librement au Japon sur route pour des essais grandeur nature. Objectif : commercialiser des voitures autonomes à l’horizon 2020. Nissan affirme que la conduite autonome permettra de parvenir au "Zéro accident mortel impliquant ses véhicules". La Leaf de Nissan réunit plusieurs fonctionnalités : maintien et changement de file automatiques ; sortie d’autoroute autonome ; dépassement de véhicules plus lents ou à l’arrêt ; arrêt au feu rouge. Le tout pour une circulation sans intervention du conducteur dans les embouteillages. Nissan puise d’ailleurs dans certains systèmes déjà disponibles sur des voitures de série chez la plupart des constructeurs, comme l’alerte de changement de file, la surveillance des angles morts et la détection des objets en mouvement.

Ford a présenté un prototype de berline compacte Focus doté d'un système de stationnement entièrement automatique et Google, pionnier en la matière, continue de travailler sur sa Google Car. Les derniers investissements réalisés par la société américaine montrent que le géant de l'Internet a donné un coup d'accélérateur à son projet. Le journal allemand "Frankfurter Allgemeine Zeitung" affirmait cet été que Google était proche d'un accord avec l'équipementier Continental.

Mais, pour que ces voitures puissent être vendues, il faut qu’elles soient abordables, fiables à 100 % et... autorisées. En France, notamment, il faudrait changer la législation qui actuellement interdit à une voiture sans conducteur de rouler sur nos routes.

Juliette Rodrigues