Les transports intelligents : nouveau défi pour les constructeurs au cours des prochaines décennies (1/2)

L’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans le domaine des transports, désignée par les termes "transports intelligents" (Systèmes de Transports Intelligents), est amenée à se développer dans les prochaines années pour répondre à une politique des transports de plus en plus orientée vers la mobilité durable. En effet, pour prendre en compte l’environnement et les aspects sociaux dans la planification et la gestion des transports il faut augmenter les échanges d’information entre les gestionnaires d’infrastructures, les entreprises de transport et les autorités publiques qui ont à intervenir dans la régulation de ces systèmes. Si l’on veut que les usagers adoptent des comportements plus respectueux de l’environnement, il faudra les informer de façon beaucoup plus détaillée des offres de transport qui peuvent correspondre à leurs besoins et des conséquences de leurs choix non seulement en matière de coût et de temps passé, mais aussi en matière de pollution locale et d’émissions de gaz à effet de serre.

La plupart des engagements du Grenelle de l’Environnement dans le domaine des transports ne pourront être atteints que par un recours accru aux nouvelles technologies : développement de la part de marché des modes de transport de fret alternatifs à la route, augmentation de la part des transports publics dans les déplacements urbains, développement de véhicules plus efficaces en matière de consommation d’énergie et d’émissions. Enfin, la mise en application des réglementations, notamment en matière de sécurité, s’appuieront de plus en plus sur des systèmes de collecte et de traitement de l’information automatisés.

Les autoroutes et les voies rapides urbaines ont été progressivement équipées au cours des 30 dernières années de dispositifs de recueil de données qui alimentent le réseau des centres d’ingénierie et de gestion de trafic et des centres d’information routière. L’objectif de ces systèmes est de fournir aux usagers les informations leur permettant de guider leurs choix, que ce soit en temps réel lorsqu’ils sont sur la route et ont des décisions immédiates à prendre, ou que ce soit avant un déplacement pour l’organiser en fonction de l’état des infrastructures et du trafic prévisible.

Le voyageur "intelligent" qui pourra préparer ses déplacements et ensuite être aidé pendant sa mobilité par des équipements électroniques communiquant à (longue) distance pour recevoir toutes les informations concernant le territoire où il se trouve et aussi à courte distance pour faire des transactions (achat et validation de billets, ouverture de portes d’accès, prise en charge de véhicules en location de courte durée, enlèvement de colis ...). La gestion du trafic élargie à celle de la mobilité, que l’on pourrait appeler " ville intelligente ", dans laquelle les responsables de tous les modes de transport (depuis la voie rapide jusqu’à la location de vélo en libre service ...) ont des outils communs pour analyser la situation et évaluer les décisions qu’ils prennent. Comme une grande partie des émissions de carbone provient des territoires urbanisés, cette optimisation des interventions publiques sur la mobilité aura une importance de plus en plus grande.

Le trafic routier se faisant plus dense (il est prévu une augmentation de 55 % du transport de marchandises et de 36 % du transport de passagers d’ici à 2020) et la consommation d’énergie plus importante, il devient nécessaire de mettre en place à l’échelle mondiale une stratégie innovante relative aux transports et à la mobilité. Un cadre pour les STI apparaît comme une solution pertinente dans la mesure où il contribuera à rendre le transport routier plus sûr, mais favorisera également la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.

Juliette Rodrigues