Les salaires seront au coeur des négociations entre l'UAW et les constructeurs américains cet été (1/2)

Pour la première fois depuis dix ans, les salaires seront au c’ur des négociations en vue du renouvellement des conventions collectives chez les « Trois de Detroit », qui ont débuté mi-juillet. Les accords que l’UAW - le syndicat américain des ouvriers de l’automobile - avait conclus en 2011 avec General Motors, Ford et Chrysler expirent le 14 septembre. Selon les estimations du Centre de recherche sur l’automobile CAR, les nouveaux accords couvriront plus de 137 000 ouvriers, qui représentent 17 milliards de dollars en salaires et avantages. Alors que la production et l’emploi dans les usines américaines des constructeurs devraient être stables jusqu’à la fin 2018, la sécurité de l’emploi et les engagements en matière de produits seront au second plan dans les négociations sociales cette année, indiquent les experts. Les usines d’assemblage des trois constructeurs fonctionnent au delà de 90 % de leurs capacités et il n’y a guère de place pour de nouvelles embauches, note Dave Cole, président émérite de CAR. De nombreux programmes de nouveaux véhicules jusqu’à fin 2018 ont en outre déjà été annoncés, à l’exception notable de l'usine de Ford à Wayne, dans le Michigan, le constructeur ayant fait savoir à la veille de l'ouverture des discussions avec l'UAW qu’il ne produirait pas les nouvelles générations de la Focus et du C-Max dans cet Etat. Ford pourrait prendre des engagements sur la production de nouveaux produits dans cette usine durant les négociations. General Motors a annoncé ce printemps un plan d’investissement de 5,4 milliards de dollars sur trois ans dans ses usines américaines, et la plupart des sites qui en bénéficieront sont désormais connus. Sergio Marchionne, le patron de Fiat Chrysler Automobiles, s’est pour sa part dit prêt à faire effectuer en interne des tâches qui sont actuellement réalisées par des fournisseurs.C’est sur les salaires que le nouveau président de l’UAW, Dennis Williams, a promis de mettre l’accent durant les pourparlers avec les constructeurs américains cette année. La question de la rémunération des nouveaux salariés, qui gagnent près de deux fois moins que les anciens, en particulier devrait être source de conflit. Après des années de sacrifices, et au vu de la prospérité retrouvée de FCA, General Motors et Ford, le syndicat veut obtenir des hausses de salaire pour tous et réduire l'écart de rémunération entre les nouveaux salariés et les anciens.

Frédérique Payneau