Les recettes des radars atteignent un palier

Le montant des amendes issues des radars automatiques a progressé de 6 % en 2014, à 612 millions d'euros, selon des chiffres publiés récemment par la Cour des comptes. Cette augmentation s'explique essentiellement par une amélioration du taux de disponibilité des radars, de 87 % à 92 %. En 2013, ce taux avait chuté en raison d'un changement de prestataire pour l'entretien du matériel. S'y était ajoutée la colère des « bonnets rouges » qui, en plus des portails de l'écotaxe, s'étaient attaqués aux radars automatiques. Le parc a de nouveau été mis à rude épreuve ces derniers temps avec la fronde des buralistes contre le « paquet neutre ».

Devenus cibles de la révolte fiscale, les radars voient leur rendement budgétaire s'essouffler. Les recettes pour 2014 s'avèrent légèrement inférieures à la prévision inscrite en loi de finances, qui était de 689 millions d’euros. D'où une prévision plus prudente pour le budget 2015, à 658 millions d'euros. « A l'avenir, ce produit ne devrait plus croître, ce qui témoignerait d'ailleurs de l'efficacité de la politique de ?contrôle sanction’ en particulier, et de sécurité routière en général », souligne la Cour des comptes dans son rapport. Ainsi les radars semblent victimes de leur efficacité. La peur de l'amende a conduit de nombreux automobilistes à tempérer leur vitesse. En dix ans, la vitesse moyenne constatée sur les routes françaises a nettement baissé, passant de plus de 85 km/h en 2004 à 78 km/h en 2014. Les grands excès de vitesse, de plus de 30 km/h, sont quant à eux devenus très marginaux (moins de 0,2 %).

Autre explication : après avoir fortement augmenté dans les années 2000, le parc de radars s’est stabilisé autour de 4 200 appareils. Pour maintenir la vigilance des automobilistes, de nouveaux types d'appareils sont installés : radars feux rouges, double face pour « flasher » les véhicules de dos et de face, ou encore radars chantiers, pour contrôler la vitesse sur les zones de chantier.

Dans le même temps, les recettes sont soutenues par les amendes infligées aux véhicules immatriculés à l'étranger. Depuis 2013, la France a mis en place une procédure d'échange avec ses voisins européens, si bien que les voitures étrangères représentent désormais près de 20 % des infractions.

Même si leur but premier est de lutter en faveur de la sécurité routière, les radars remplissent aussi les caisses de l'Etat. Leur coût de fonctionnement se situant autour de 220 millions d'euros, le solde est affecté aux collectivités locales, aux nouvelles infrastructures de transport en France et au désendettement de l'Etat, rappellent LES ECHOS (24/7/15).

Alexandra Frutos