Les projets du nouvel exécutif européen en matière d’émissions de CO2 et d’accords de libre-échange

Dans un entretien accordé à AUTOMOTIVE NEWS EUROPE (9/10/14), Carlo Pettinelli, responsable Croissance durable et UE 2020 au sein de la direction Industrie et Entreprise de la Commission européenne, explique que, lorsque l’exécutif européen a fixé les objectifs d’émissions pour l’industrie automobile à l’horizon 2020, il voulait « mener par l’exemple ». « Nous voulons avoir les objectifs les plus ambitieux car nous sommes sûrs que les autres nous suivront. Et le fardeau a été réparti entre le secteur de l’acier, celui de l’automobile et le reste. L’Union européenne pourrait redéfinir ses objectifs dans un sens plus ou moins ambitieux, mais cela impliquera l’UE dans son ensemble, à travers tous ses secteurs industriels, et pas seulement le secteur automobile. Et le secteur automobile, qui est un gros producteur de CO2, devra apporter sa contribution à une nouvelle réduction. Nous sommes à 95 g/km maintenant pour 2020. J?imagine qu’une réduction supplémentaire sera demandée, si la diminution globale pour 2030 est approuvée. Je pense que la nouvelle Commission va proposer une nouvelle réduction, mais je ne suis pas sûr que ce sera pour 2025. Cela pourrait être une autre date. C’est une décision politique », explique-t-il.

M. Pettinelli reconnaît que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Corée du Sud ne s’est pas fait à l’avantage des constructeurs d’automobiles européens, mais il estime que les chiffres ne sont pas aussi mauvais que cela. « Tout d’abord, les gens parlent du nombre de véhicules et pas de valeur. Nous importons des Hyundai de Corée et nous exportons des Mercedes et des BMW. Et la balance commerciale est calculée en dollars, et non en nombre de véhicules. Deuxième point, nous importons de Corée un grand nombre de véhicules qui ne sont pas fabriqués par des Coréens. Enfin, de nombreuses marques coréennes vendues en Europe sont fabriquées en Europe. Alors les chiffres sont plus mitigés qu’ils ne semblent l’être dans un premier temps », détaille-t-il.

Le problème principal à traiter était les barrières non tarifaires appliquées en Corée du Sud, qui rendaient difficile la vente de voitures européennes dans le pays. « Nous avons travaillé sur le sujet, et nous avons déjà obtenu quelques résultats. C’était un engagement de les supprimer. Elles ont été supprimées d’un point de vue formel, mais pas d’un point de vue concret », souligne M. Pettinelli. C’est pourquoi « nous adoptons une approche bien plus prudente » dans les discussions visant à établir d’autres accords de libre-échange. « Nous voulons d’abord voir la suppression des barrière non tarifaires, puis nous poursuivrons les négociations », ajoute-t-il.

Alexandra Frutos