Les pouvoirs publics japonais poussent les industriels à collaborer sur la voiture autonome

Le gouvernement japonais va réunir les trois principaux constructeurs d'automobiles du pays ainsi que les géants de l'électronique dans le but d'accélérer le développement des technologies de conduite autonome dans un contexte de vive concurrence internationale. "Nous allons organiser une conférence pour discuter des mesures à adopter", a déclaré un responsable du ministère des Transports, confirmant des informations de presse.

Nissan, particulièrement avancé dans le domaine, "a l'intention de participer à ce groupe d'études", a précisé un porte-parole du constructeur. Seront également conviés Toyota et Honda, de même que des fournisseurs de composants comme Panasonic et Hitachi.

Dans un premier temps, les groupes vont travailler à l'élaboration en commun de logiciels de contrôle du véhicule et de capteurs de détection des obstacles afin de réduire les coûts. Ils devraient également mettre au point des technologies de communication pour prévenir d'éventuels accidents causés par un piratage du système.

Le projet impliquera les instituts de recherche des universités de Tokyo et de Nagoya, chargés d'analyser les données, de même que le secteur public qui développera des infrastructures adaptées. Des équipements destinés à tester les véhicules seront en outre construits, moyennant un investissement à la fois public et privé estimé à environ 10 milliards de yens (74 millions d'euros).

Le Premier ministre Shinzo Abe, qui compte inclure ces mesures dans un plan stratégique de croissance global attendu au mois de juin, cherche ainsi à soutenir les entreprises japonaises dans la course au développement de voitures autonomes. Il craint en effet qu'elles ne se laissent distancer par d'autres grands groupes occidentaux, tels que Daimler et Google, dont les premières voitures grand public sans conducteur sont attendues à l'horizon 2020. Les entreprises japonaises seraient alors pénalisées au moment de l'adoption de normes internationales pour ce marché, qui pourrait atteindre 10 millions de véhicules en 2035, soit 10 % du marché total, selon les estimations de IHS Automotive. (AFP 26/2/15)

Juliette Rodrigues