Les pays émergents d'Asie rivalisent avec les grands marchés occidentaux traditionnels (1/2)

En 2004, peu après son entrée dans l'OMC, la Chine produisait 4,4 millions de véhicules par an dans ses usines d'assemblage. La même année, la Thaïlande en fabriquait 1,1 million d'unités, tandis que l'Inde dépassait le million d'unités.
L'Indonésie et la Malaisie semblaient alors encore minuscules sur la carte mondiale d'un secteur, alors totalement dominé par les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon.

Selon les calculs de l'Organisation internationale des constructeurs d'automobiles (Oica), l'Asie émergente ne produisait en 2004 que 8,5 millions de voitures et de véhicules utilitaires. Dix ans plus tard, ce sont, d'après les projections de PricewaterhouseCoopers (PwC), 30,21 millions de véhicules légers qui sortiront des lignes de production des pays asiatiques en développement.

Portée depuis les années 2000 par la demande la plus dynamique de la planète, l'Asie émergente assemble désormais, à elle seule, presque autant de véhicules que l'Amérique du Nord (17 millions d'unités prévues en 2014) et l'Union européenne (16,5 millions) réunies. « La croissance dans la zone Asie-Pacifique émergente va se poursuivre en 2014 à un rythme fébrile, portée notamment par de nouveaux investissements en Chine », expliquent les analystes de PwC. Ils notent que la Chine représente 25 % de la production mondiale de voitures. Cette année, sa production atteindra 20,8 millions d'unités, sur un total mondial de 87,4 millions d'unités.

Mais la spectaculaire percée de la région a également été alimentée par la Thaïlande, qui s'impose en nouveau « Detroit » de cette partie du globe. Ne cherchant à protéger aucun industriel local, les autorités de Bangkok ont accueilli sans restriction après la crise financière de 1997 tous les investisseurs étrangers du secteur et particulièrement les constructeurs japonais. L'impôt sur les sociétés a été baissé et de nombreux programmes de subventions publiques ont été lancés, au fil des décennies, pour doper le marché local et aussi encourager les exportations. L'an dernier, le royaume a assemblé près de 2,8 millions de véhicules. De son côté, l'Inde continue à produire plus de 4 millions de véhicules chaque année.

Juliette Rodrigues