Les nouvelles normes d'émissions de CO2 en Chine : un défi pour l'industrie automobile 2/2

En termes d'électromobilité, la Chine présente un problème qui lui est spécifique. En effet, dans ce pays, les véhicules électriques ne représentent pas le moyen idéal pour réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère. En effet, la majeure partie de l’électricité produite en Chine provient de centrales à charbon qui rejettent elles-mêmes du dioxyde de carbone. Par conséquent, dans les régions chinoises où le charbon est la source d’énergie la plus utilisée, les véhicules électriques émettent du puits à la roue jusqu’à 33 % de CO2 de plus que les véhicules hybrides.

Les véhicules hybrides représenteraient donc une meilleure solution dans le cas spécifique de la Chine. En particulier, la micro-hybridation (à savoir les systèmes de mise en veille Start-Stop) est une technologie qui devrait se révéler intéressante en termes de réduction de la consommation et des émissions de CO2.

En effet, ces systèmes de mise en veille sont moins coûteux que l’électrification d’un véhicule, avec un surcoût de 300 dollars environ, et ils permettent une réduction de la consommation de 5 à 10 %.

Environ 200 000 véhicules dotés d’un tel système sont vendus chaque année en Chine, mais cette technologie recèle un fort potentiel de développement. En effet, le parc chinois s’établit à quelque 100 millions de voitures particulières actuellement, et devrait croître à 200 millions d’unités d’ici à 2020. Les ventes de voitures dotées d’un système de micro-hybridation devraient atteindre 2,4 millions d’unités en 2015 et 3,6 millions en 2017.

Du fait des objectifs stricts de réduction des émissions de CO2, les hybrides rechargeables sont également en plein essor. Les constructeurs se lancent donc dans cette technologie. Volkswagen notamment veut lancer 15 modèles hybrides rechargeables en Chine d’ici à 2018, dont certains seront produits localement. BMW pour sa part a créé avec son partenaire local Brilliance la marque Zinoro, qui propose des véhicules verts exclusivement dédiés au marché chinois et pour l’instant uniquement en location avec option d’achat. Enfin Daimler a fondé avec BYD la marque Denza, également spécifiquement développée pour le marché chinois.

Enfin, les véhicules à pile à combustible pourraient être une bonne option pour réduire les émissions de CO2 dues au trafic routier en Chine. En effet, l’énergie qui les alimente ne provient pas de centrales à charbon et n’augmente donc pas les émissions du puits à la roue, et leur autonomie est jusqu’à 5 fois plus élevée que celle des véhicules électriques avec batteries.

En revanche, ils sont particulièrement coûteux en termes de développement et par conséquent à l’achat. En outre, les stations à hydrogène sont très coûteuses à installer (près de 36 millions de yuans ? soit 4,4 millions d’euros par station). De ce fait, les infrastructures pour les modèles à pile à combustible sont encore moins présentes que celles nécessaires aux véhicules électriques.

Cindy Lavrut