Les nouvelles normes d'émissions de CO2 en Chine : un défi pour l'industrie automobile 1/2

La pollution atmosphérique a plusieurs fois atteint en 2013 des niveaux alarmants, parfois jusqu’à 40 fois plus élevés que les niveaux maximum conseillés. Or, avec plus de 13 millions de véhicules vendus en 2012, l’automobile est l’une des sources importantes de pollution de l’air. La Chine a donc mis en place de futures normes de consommation de carburant et d’émission de CO2 plus strictes.

Le gouvernement chinois prévoit ainsi d’imposer une consommation moyenne pour les voitures neuves de 34 miles par galion (soit 6,92 l/100 km ce qui représente des émissions de CO2 de 160 g/km) d’ici à 2015, puis de 47 mpg d’ici à 2020 (5 l/km ou 116 g de CO2/km).

La Chine se fixe également pour objectif d’atteindre un parc de 5 millions de véhicules électriques et hybrides d’ici à 2020, alors que le parc actuel de véhicules verts s’établit à 27 800 unités (dont 80 % sont des autobus et autocars).

L’un des moyens pour réaliser cet objectif est de mettre en place une prime à l’achat ; il s’agit d’une mesure à l’échelle nationale. A une autre échelle, le gouvernement municipal de Pékin va relever les quotas d’immatriculation pour les véhicules, de 20 000 unités par an en 2014 à 60 000 unités par an en 2017. A l’inverse, le quota d’immatriculation pour l’ensemble des voitures neuves vendues dans la métropole doit être réduit de 40 % en 2014.

Le problème reste que ? même avec une prime à l’achat conséquente ? les véhicules électriques restent plus chers que les modèles hybrides. De plus, les infrastructures nécessaires à un véritable essor de l’électromobilité restent peut présentes en Chine.

Par exemple, la ville de Shenzhen ne disposait en avril 2013 que de 1 000 bornes de recharge, alors que la municipalité s’était initialement fixé pour objectif d’installer 40 000 bornes d’ici à la fin de 2012. Autre exemple, à la fin de 2012, la ville de Pékin ne disposait que 60 stations de recharge pour véhicules électriques et de 1 080 bornes. Du fait de ces obstacles (coûts élevés et infrastructures insuffisantes), les chances d’un véritable développement des véhicules électriques sur le court terme restent faibles.

Cindy Lavrut