Les marchés des véhicules d’occasion ont connu des fortunes diverses en 2014 (2/2)

Dans un entretien accordé au magazine, le directeur de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile Flavien Neuvy explique que « l’exercice 2014 a clairement mis en évidence que nous assistions en France à un déport du VN vers le VO récent ». « Ce segment a progressé l’an passé, ce qui n’était pas le cas les exercices précédents, qui étaient principalement animés par le marché des véhicules plus âgés. Au moment de renouveler leur véhicule, les automobilistes plébiscitent plus volontiers l’achat d’un véhicule d’occasion récent, essentiellement pour des questions de prix. En 2014, seulement 3,3 % des ménages ont acheté un véhicule neuf, ce qui est historiquement faible, alors que le ratio de 3 VO pour 1 VN est, lui, historiquement élevé », détaille-t-il.

Pour 2015, « nous ne prévoyons pas un fort rebond du marché des véhicules neufs, par conséquent le marché de la seconde main devrait rester dynamique. Nous anticipons une nouvelle croissance de 2 % à 4 % » cette année, indique M. Neuvy. « De plus, les nouveaux produits, qui ont contribué aux bons résultats des constructeurs français en 2014, devraient continuer de soutenir le marché de l’occasion récent », ajoute-t-il.

« Nous observons de très grosses différences [de dynamique], tant au niveau des volumes que dans la structure des marchés en Europe. En Belgique, le ratio VO/VN reste encore très équilibré, tandis qu’il est surdimensionné en faveur des véhicules de seconde main en Europe de l’Est, avec des parcs qui affichent des moyennes d’âge de 16 ans environ. Le marché britannique génère beaucoup de véhicules de fonction et de société, qui se retrouvent rapidement sur le marché de l’occasion. De fait, ce dernier est également très important. En revanche, en Espagne, la croissance des ventes de VO depuis plusieurs années est davantage conjoncturelle que structurelle », explique M. Neuvy.

Alexandra Frutos