Les leviers de Renault pour rentabiliser la nouvelle Twingo

« Nous serons rentables avec la nouvelle Twingo, à un niveau qui devrait être tout à fait décent », a déclaré Thierry Bolloré, directeur de la compétitivité de Renault. Pour y parvenir, le constructeur a codéveloppé la Twingo III avec Daimler, dont les nouvelles Smart (la deux-places Fortwo et la quatre-places Forfour) partagent la même plateforme que la petite française. « De 80 à 90 % des composants non visibles et 50 % des pièces visibles sont communs entre la Twingo et la Smart Forfour », indique Ali Kassai, responsable du programme petites voitures de Renault. Les deux constructeurs achètent ainsi les mêmes sièges ou pare-brise sur les deux voitures. Quant aux moteurs, uniquement à essence, ils ont été conçus et sont produits par Renault.

Pour accroître les économies d'échelle, les deux partenaires misent par ailleurs sur l'usine Renault de Novo Mesto, en Slovénie, où sont assemblées sur une même ligne la Twingo et la Forfour. Alors qu'il s'est vendu entre 100 000 et 180 000 Twingo II en rythme annuel, la Twingo III et la citadine de Daimler doivent permettre de charger l'usine, dotée d'une capacité de 200 000 à 250 000 unités. Pour être profitable, la Twingo devra surtout séduire. Elle mise pour cela sur son style aux formes arrondies et sur sa maniabilité, facilitée par son architecture à propulsion (en plaçant le moteur à l'arrière, la Twingo III libère l'espace avant et assure un meilleur diamètre de braquage - 45 degrés, contre 30 auparavant).

D'autres leviers doivent encore permettre de rentabiliser le programme. La plateforme, disponible pour d'autres modèles de l'Alliance, voire de Daimler, sera réutilisée pour la future génération de la Twingo. « Elle est partie pour durer, ce qui amortira d'autant nos investissements », indique Ali Kassai. Autres pistes possibles : l'intégration du label de haut de gamme Initiale Paris ou la sortie d'une version électrique ou hybride, indiquent LES ECHOS (17/9/14).

Alexandra Frutos