Les jeunes et la voiture : une relation différente en milieu urbain ou rural (2/2)

Au Salon de Tokyo, Nissan a présenté une mini-voiture électrique - "Teatro for Dayz" -, sorte de "gadget" destiné à ceux qui seront en âge de conduire après 2020. "Nous avons remisé au placard les approches traditionnelles", souligne Satoshi Tai, directeur de la conception. "Généralement, nous essayons de diffuser un sentiment d'accélération, de pouvoir ou de qualité suprême, mais ces valeurs ne résonnent pas auprès de la génération numérique".

L'industrie mise aussi sur les solutions d'autopartage ou encore sur la conduite autonome. "Quand les jeunes d'aujourd'hui ont l'impression de perdre leur temps derrière un volant, ils pourront dans un avenir lointain rouler tout en faisant ce qu'il leur plaît", ajoute M. Tai.

De son côté, Toyota ne veut pas renoncer à réveiller "la passion" pour l'automobile, explique Didier Leroy, vice-président exécutif de Toyota. "Charge à nous d'apporter une dimension émotionnelle". Le constructeur a dévoilé un modèle sportif d'entrée de gamme (S-FR concept) pour que "toute une nouvelle génération succombe au plaisir de conduire".

M. Leroy appelle cependant à "relativiser" ce phénomène. "Quand vous êtes en dehors des grandes métropoles, la problématique de mobilité reste entière". "Quelle galère quand je rentre chez mes parents en train avec mes guitares sous le bras!", peste le jeune Saito. Et là où ils habitent, en pleine campagne, "c'est impossible de vivre sans voiture", assure-t-il. "Il y a aussi les pays en développement", poursuit M. Leroy, du Brésil à la Chine, où les classes moyennes n'aspirent qu'à une chose : "avoir la liberté de se déplacer".

Juliette Rodrigues