Les industries automobile et pétrolière appellent à cesser le dénigrement du diesel

Les représentants européens des constructeurs (Acea), des équipementiers (Clepa et AECC pour les fabricants de catalyseurs) et de l’industrie de raffinage du pétrole (FuelsEurope) ont décidé de faire entendre d’une seule voix leur indignation face au « diesel-bashing » (dénigrement du diesel) et à l’aveuglement des décideurs sur les efforts fournis par les industriels pour commercialiser aujourd’hui des moteurs diesel vertueux. Les quatre associations ont publié une lettre ouverte à l’adresse des décideurs européens dans laquelle elles rappellent que leurs industries ont lourdement investi pour mettre au point des véhicules diesel qui n’émettent quasiment plus de particules à l'échappement et qui restent la solution la plus abordable pour les clients dans la lutte contre les émissions de CO2. « La toute dernière génération de la technologie diesel combine carburant propre, moteurs avancés et mécanismes de contrôle des émissions efficaces », écrivent-elles. « Les véhicules diesel modernes sont le résultat d’efforts combinés de la part de nos différentes industries et ils ne peuvent plus être assimilés aux diesel anciens. Il faut que les décideurs prennent conscience qu’il y a derrière cela toute une industrie qui a déjà beaucoup investi et qui s’est engagée à continuer à repousser les limites techniques pour trouver la meilleure façon de combiner économies de carburants pour les clients, faibles émissions de CO2 et réduction des émissions de polluants », explique la porte-parole de l’Acea.

A compter du 1er septembre, tous les véhicules neufs diesel devront répondre à la norme Euro-6 b, qui les place au même niveau d’émissions que les véhicules à essence. Ils sont même plus propres que les véhicules à essence à injection directe, qui émettent des particules. A partir de septembre 2017, ils devront en outre être équipés d’un système de dépollution des Nox pour respecter une nouvelle norme d’émissions de Nox en conditions réelles de conduite (en cours de définition). Selon une récente étude de l'ICCT (International Council on Clean Transportation) effectuée sur une quinzaine de véhicules, les véhicules diesel Euro-6 émettent en moyenne 7 fois plus de Nox que la norme pour laquelle ils ont été homologués (soit 80 mg/km de Nox). Avec les systèmes de dépollution existant, selon le calibrage, ce coefficient passe de 7 à 1,5 voire 1. Or, d’après un relevé effectué par l’Acea, plus de 250 modèles seraient déjà équipés de ce système de dépollution.

Enfin, « entre 1990 et 2012, le niveau de polluants contenu dans le carburant diesel a fortement diminué », souligne Alain Mathuren, directeur de la communication de FuelsEurope.com. Les entreprises de raffinage ont réduit de 80 % son contenu en oxydes de souffre (SOx) et composés organiques volatiles (type benzène), de 50 % son contenu en Nox et ont divisé par 7 le niveau de monoxyde de carbone. « Les voitures diesel, ayant des émissions de CO2 les plus faibles par kilomètre, sont essentielles aux constructeurs pour atteindre les objectifs 2021 de l'UE et réduire les émissions de CO2 du transport routier » et « le diesel continuera d'être essentiel pour atteindre les objectifs post-2021 », soulignent les associations dans leur courrier. « Les mesures politiques restreignant le déploiement de la nouvelle génération des diesel sapent les efforts pour réduire les émissions de CO2. Ces mesures ne font pas de sens d'un point de vue environnemental », ajoutent-elles. Elles préconisent par conséquent d’encourager plutôt le renouvellement du parc circulant pour en faire sortir les véhicules les plus anciens et les plus polluants. « Il faut environ 10-15 ans pour renouveler le parc, ce qui signifie qu’il faudra attendre 2025 pour avoir un parc Euro-6. Les décideurs politiques ont donc tout intérêt à travailler sur ce sujet pour améliorer la qualité de l’air », explique Dirk Bosteels, directeur général de l’AECC. « Avec un cadre européen de politiques qui encouragent l'adoption plus rapide des dernières technologies à faibles émissions, tout en tenant compte des délais industriels, nous pouvons aider à l’amélioration de la qualité de l'air en conditions réelles de conduite, tout en continuant à répondre aux objectifs de réduction des émissions de CO2 », écrivent encore les associations. Aujourd’hui, les véhicules âgés de moins d’un an ne représentent que 5 % du parc européen. (AUTOACTU.COM 9/7/15)

Alexandra Frutos