Les grands manufacturiers ne connaissent pas la crise (1/2)

Dans un secteur automobile qui peine à se remettre de la crise, les manufacturiers jouissent d’une position relativement confortable, notamment grâce à l’envol des ventes de pneus de grande taille, très rentables. La marge opérationnelle des poids lourds du secteur des pneumatiques dépasse désormais les 10 %, à l’instar de celle de Continental (17,1 % en 2013), Bridgestone (13,2 %), Pirelli (12,8 %) et Michelin (11 %). Goodyear les talonne avec une marge déjà enviable de 8 %. Il y a cinq ans à peine, en 2009, seul Continental affichait une marge à deux chiffres. « La profitabilité s'est considérablement améliorée sur les dernières années, alors même que les volumes étaient relativement atones dans les pays matures. Le secteur gagne en valeur », explique Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank.

Plusieurs éléments entrent en jeu pour expliquer cette performance d'ensemble : la croissance des pays émergents, un prix du caoutchouc orienté à la baisse, la rationalisation des coûts via la suppression de capacités (notamment en Europe), mais aussi un positionnement de plus en plus haut de gamme, qui se vérifie notamment dans les pneus pour véhicules de tourisme (voitures et camionnettes), avec la flambée des gommes de plus de 17 pouces. Ce segment stratégique, baptisé « high value added » par les manufacturiers, a déjà bondi de 21 % entre 2010 et 2012, selon la Deutsche Bank, à près de 300 millions d'unités annuelles. Et d'après Michelin, les ventes devraient presque doubler d'ici à 2020, pour peser près de la moitié du marché mondial en volume, contre 25 % aujourd'hui.

Alexandra Frutos