Les flottes d'entreprise, réseaux d'autopartage et concessions représentent plus des deux tiers des ventes de V.E.

Les flottes d'entreprise, réseaux d'autopartage et concessions représentent un peu plus des deux tiers des ventes de voitures électriques en France, le reste étant assuré par les particuliers. Sur les 8 000 achats de voitures électriques (Renault Zoé, Nissan Leaf, Bolloré BlueCar, BMW i3, etc.) réalisés entre janvier et octobre, seuls 2 365 ont été le fait de particuliers, soit tout juste 29,5 % du total. Nissan ne vend que 26 % de ses voitures électriques aux particuliers, tandis que le chiffre se monte à 36 % pour la Zoé. Le solde se concentre sur les flottes d'entreprise (2 000 unités, en hausse de 9,8 % depuis janvier), et surtout sur les véhicules de démonstration (3 300 ventes). Ces immatriculations regroupent à la fois les véhicules présentés dans les concessions et laissés à la disposition des clients, mais également les véhicules qui seront utilisés par les réseaux d'autopartage. C'est ainsi que, parmi les 3 300 voitures immatriculées, on trouve 1 000 voitures BlueCar de Bolloré, destinées à alimenter le Autolib' et les autres réseaux en province.

Cette décomposition est bien différente de celle des ventes de modèles à essence ou diesel, où la part des particuliers est légèrement supérieure à 50 % et où celle des réseaux et des loueurs courte durée se situe entre 15 % et 18 %, selon les mois, indiquent LES ECHOS (18/11/14).

Si certains constructeurs sont tentés d'alimenter leurs concessions pour gonfler artificiellement des chiffres de vente encore faibles, la forte proportion de ventes en VD s'explique aussi par la nécessité d'expliquer la technologie. « Si l'on veut que la technologie décolle, il faut que les concessions disposent presque toutes d'un véhicule prêt à l'essai. C'est pourquoi les constructeurs dopent ce canal, d'autant plus qu'il y a actuellement beaucoup de lancements », souligne un constructeur. Quant à la forte proportion de ventes aux flottes, elle s'explique par la demande des entreprises et des administrations, soucieuses de verdir leur image ou de donner l'exemple.

La faiblesse des ventes aux particuliers révèle tout le travail qu'il reste à faire aux constructeurs pour convaincre le grand public. Autonomie limitée de la batterie - entre 100 et 150 kilomètres -, manque de bornes de recharge, prix encore élevé. Les résistances sont connues et expliquent pourquoi l'électrique ne pèse encore que 0,5 % du marché automobile français. Pour augmenter leurs ventes auprès des particuliers, les constructeurs misent sur la montée en puissance des infrastructures, de nouvelles opérations de communication et des financements plus adaptés. Chez Renault, on indique que deux tiers des commandes d'octobre sont le fait de particuliers.

Alexandra Frutos