Les facteurs qui expliquent la croissance du marché automobile britannique (2/2)

D’autres analystes notent que malgré une baisse des salaires en termes réels, une inflation jusqu’ici relativement faible et des coûts d’emprunt moins élevés ont amoindri l’impact du ralentissement économique pour de nombreux salariés. Ceci est particulièrement vrai pour les hauts revenus. L’an dernier, de nombreux constructeurs de haut de gamme ont enregistré une croissance de leurs ventes au Royaume-Uni nettement supérieure à celle du marché et, selon les analystes, cette tendance devrait perdurer.

Les perspectives pour le marché dans son ensemble apparaissent moins favorables, dans la mesure où celui-ci reste lié à l’évolution de l’économie. Certains moteurs microéconomiques, en particulier les retombées du scandale des assurances-emprunteur, vont s’estomper. Au niveau macroéconomique, la hausse cette année du chômage et de l’inflation signifient que la croissance des ventes enregistrée l’an dernier ? la plus forte depuis plus d’une décennie ? ne devrait pas se répéter.

Pour Rob Wood, économiste à la banque Berenberg, « 2013 ne sera pas une bonne année pour la consommation ». Un sentiment partagé par Howard Archer, d’IHS Global Insight.
Les consommateurs pourraient réduire leurs gros achats au cours des prochains mois, alors que leur pouvoir d’achat pâtit de la hausse des prix et de la modération salariale, indique M. Archer, ajoutant que la situation se détériore sur le front de l’emploi. Les entreprises doivent en outre maîtriser leurs coûts et la confiance des entrepreneurs reste fragile. De nombreux exploitants de flottes et entreprises pourraient en conséquence différer le remplacement de leurs véhicules dans un contexte économique atone et incertain.

Frédérique Payneau