Les facteurs qui expliquent la croissance du marché automobile britannique (1/2)

A contre-courant des autres pays d’Europe, le Royaume-Uni voit son marché automobile croître de manière ininterrompue depuis quatorze mois, un phénomène qui constitue en outre l’un des rares succès économiques du pays. En 2012, les ventes de voitures neuves ont augmenté de 5,3 %, alors que l’économie britannique dans son ensemble n’a crû que de 0,3 %. Au premier trimestre de cette année, les immatriculations ont encore augmenté de 7,4 %, malgré une croissance quasi-nulle de l’économie et un taux de chômage de 7,9 %.

Mais qu’est-ce qui stimule donc le marché automobile britannique ?

Des facteurs microéconomiques. A commencer par l’attitude des épargnants. Afin de stimuler l’économie en encourageant la consommation et l’investissement, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 0,5 %, rendant l’épargne peu attractive.

Parallèlement, les constructeurs et les concessionnaires ont proposé des crédits avantageux et des rabais. Désireux d’écouler leurs stocks, certains d’entre eux l’ont même fait à perte.

La vigueur relative de la livre par rapport à l’euro jusque récemment a également joué un rôle. Des constructeurs, tels que Volkswagen, General Motors et Ford, qui fabriquent des voitures ou achètent de nombreuses pièces dans la zone euro, ont pu proposer leurs modèles à des prix attractifs au Royaume-Uni.

D’autres facteurs expliquent le rebond de la demande.

Ainsi, depuis le début de 2011, les banques britanniques ont versé 8,9 milliards de livres (10,4 milliards d'euros) à titre de compensation à des centaines de milliers de leurs clients qui avaient été trompés dans leurs achats d’assurances-emprunteur (PPI). Nombre de bénéficiaires ont choisi d’investir ces sommes, d’un montant de plusieurs milliers de livres, pour remplacer leur voiture. Une option, dont les analystes notent qu’elle est encouragée par la hausse des prix du carburant.

La hausse des taxes et des prix du brut a en effet porté le coût d’un plein d’essence au Royaume-Uni de 70 livres (82 euros) en 2010 à 90 livres environ (105 euros) en 2012. Cette forte hausse a incité les automobilistes à faire l’acquisition de voitures plus récentes et plus sobres afin de réduire les coûts d’utilisation de leur véhicule sur le long terme. Les nouveaux moteurs peuvent faire baisser de 15 livres (17,5 euros) le coût d’un plein pour une voiture moyenne.

Frédérique Payneau