Les équipementiers sont contraints de construire ou d'agrandir des usines en Amérique du Nord (2/2)

Il y a eu une forte hausse des investissements en Amérique du Nord chez les fournisseurs basés en Europe et en Asie, indique Mike Wall, un analyste d’IHS. « Par certains côtés, l’Amérique du Nord est une zone refuge. Nous sommes un marché mature, mais nous avons toujours de la croissance [...] », explique M. Wall. La région est en effet un marché particulièrement attrayant, alors que les économies des BRICs (Brésil, Russie, Inde et Chine) apparaissent de plus en plus incertaines et que l’économie européenne continue de stagner.

En conséquence, les fournisseurs étrangers se développent en Amérique du Nord. REHAU a par exemple investi 115 millions de dollars pour agrandir son usine de Cullman, dans l'Alabama, pour produire des boucliers pour la nouvelle Mercedes Classe C qui sera assemblée pour la première fois dans cet Etat. Le groupe autrichien Voestalpine a ouvert une usine d’un coût de 62 millions de dollars à Cartersville (Géorgie) pour produire des pièces de carrosserie pour Mercedes. Le verrier chinois Fuyao Glass Industry prévoit quant à lui d’investir 200 millions de dollars pour réaménager une ancienne usine de General Motors située à Moraine, dans l’Ohio.

Les fournisseurs nord-américains investissent également, selon des données compilées par PwC. En 2013, les dépenses en capital des 30 fournisseurs cotés en Bourse ont représenté 4,4 % de leur chiffre d’affaires, contre 3 % seulement en 2009. « La hausse des investissements reflète une confiance accrue dans l’industrie », commente Jeff Zaleski, partenaire de PwC à Detroit. Pour financer leur expansion, les équipementiers peuvent plus aisément obtenir des prêts bancaires, ajoute M. Zaleski. « Les banques prêtent davantage aux entreprises », indique-t-il.

Comme leurs homologues européens et asiatiques, les fournisseurs américains et canadiens s’efforcent de suivre la hausse de la production.

Frédérique Payneau