Les équipementiers espagnols retrouvent le moral

En Espagne, les équipementiers automobiles veulent définitivement tourner la page de la crise, indiquent les ECHOS. Sernauto, la principale organisation patronale du secteur, estime que l’activité devrait croître de 24?% d’ici à 2020, si la Recherche & Développement continue de se renforcer et si la profession bénéficie, entre autres, de coûts énergétiques stables et d’une amélioration des conditions logistiques.

Il s’agit de maintenir la reprise observée en 2013. L’an dernier, le chiffre d’affaires des équipementiers espagnols a atteint 28 milliards d’euros (+ 2,1 ?%), récupérant ainsi une partie du terrain perdu pendant la crise. Mais le niveau d’activité reste néanmoins bien en dessous des performances d’avant-crise (période où le secteur enregistrait 32 milliards d’euros de chiffre d'affaires) et compte toujours 55 000 emplois de moins qu’en 2007.

Les équipementiers bénéficient aujourd’hui du dynamisme des usines d’assemblage, dont la production atteindra 2,4 millions de véhicules cette année, contre 2,1 millions en 2013. Les ventes en Espagne ont ainsi compensé le recul des exportations, qui génèrent 60?% du chiffre d’affaires.

Comme pour les constructeurs automobiles "à la base de notre croissance, il y a de très bons accords avec des syndicats exemplaires’", a indiqué, Antón Pradera, président de CIE Automotive, lors d’une récente conférence de Sernauto. Ces accords de compétitivité incluent en général des baisses de salaire et des hausses du temps de travail, en contreparties d’investissements et de l’obtention de nouveaux projets. "?Nous avons augmenté nos investissements ici en raison de la flexibilité des syndicats’", souligne un constructeur.

Pour les dirigeants, l’avenir passe par une flexibilité accrue des coûts du travail afin de renforcer la compétitivité du secteur. Mais, à l’heure où les syndicats réclament des hausses de salaires pour tous les secteurs économiques, il n’est pas sûr qu’ils acceptent de nouveaux sacrifices.

Juliette Rodrigues