Les entreprises picardes misent sur l’innovation pour surmonter la crise

En Picardie, neuvième région métallurgique de l’Hexagone, le secteur de la mécanique-métallurgie emploie 44 000 personnes, mais il a perdu 8 800 emplois en cinq ans, soit 16,5 % de ses effectifs et 6 points de plus que la moyenne nationale, déplore le Carmee (Centre d’analyse régional des mutations de l’économie et de l’emploi), qui pointe les fragilités croissantes du tissu industriel local, trop dépendant de la filière automobile et de centres de décision extérieurs à la région.

Des entreprises picardes ont toutefois réussi à maintenir leur activité en dépit d’une conjoncture économique très défavorable, en mettant l’accent sur l’innovation. C’est le cas par exemple de la Fonderie FAVI, basée dans la Somme (leader européen des fourchettes de boîtes de vitesse pour l’automobile avec 48 % de part de marché), qui a conservé son c’ur de métier tout en s’attaquant au marché des moteurs électriques et des équipements antimicrobiens pour les hôpitaux.

Montupet, installé dans l’Oise, a quant à lui réussi à s’imposer sur le marché allemand. Son usine de Laigneville, qui travaillait jusqu’à présent pour Renault et Ford, commencera ce mois-ci à fournir à BMW des prototypes de culasses pour un moteur V8 de 6,3 l, ce qui assure son avenir au moins jusqu’en 2022.

Dans leur ascension vers des produits à forte plus-value technologique, les entreprises picardes bénéficient de l’aide des pouvoirs publics. Outre le soutien du pôle de compétitivité i-Trans, la région développe une politique de cluster. Sur l’aéropôle d’Albert, 32 millions d’euros ont été investis avec l’aide de l’Union européenne dans la construction d’IndustrieLab, une plateforme d’innovation dédiée, notamment, à la robotique et aux matériaux composites. Ce centre, qui regroupe des établissements d’enseignement supérieur et des groupes industriels, a déjà permis de financer 13 projets depuis son démarrage en 2010.

Alexandra Frutos