Les entreprises britanniques ne souhaitent pas que le Royaume-Uni sorte de l'UE

Un sondage, réalisé entre le 13 juin et le 30 juillet par YouGov pour la Confédération de l’Industrie britannique (CBI) auprès de 415 entreprises de différentes tailles dans différents secteurs en Grande-Bretagne, montre qu’une grande majorité des entreprises britanniques souhaitent que le Royaume-Uni demeure dans l’Union européenne. 78 % des entreprises ont estimé qu’il était dans leur intérêt de rester dans l’UE, 10 % émettant un avis contraire et 12 % ne se prononçant pas. Plus des trois-quarts d’entre elles ont indiqué que la possibilité d’acheter et de vendre des produits dans l’Union européenne avait un impact positif important sur leurs activités. 75 % ont estimé que quitter l’Union aurait un impact négatif sur les investissements étrangers au Royaume-Uni et plus de la moitié que cela nuirait à la compétitivité. Les entreprises pensent toutefois qu’il faut réformer l’Union européenne ; elles plaident pour une réduction des réglementations inutiles et veulent une application juste des règles dans les Etats membres.

L’idée d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a fait son chemin depuis que le Premier ministre britannique David Cameron a promis en janvier dernier de négocier un nouvel accord avec Bruxelles et d'organiser d’ici à 2017 un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’UE.

Quelques jours auparavant, les dirigeants de Ford et BMW, qui emploient à eux deux environ 20 000 personnes au Royaume-Uni, avaient averti qu’une sortie de l’UE serait catastrophique pour l’économie britannique. Quitter un partenaire commercial qui absorbe 50 % des exportations du Royaume-Uni « serait dévastateur pour l’économie britannique », avait déclaré Stephen Odell, président de Ford Europe. « Le Royaume-Uni ne doit pas seulement être dans l’Europe. Il doit en être un membre actif. L’idée du Royaume-Uni hors de l’Europe n’a pas de sens », avait pour sa part indiqué Ian Robertson, directeur des ventes de BMW. « Dans le monde, les grandes zones de libre-échange deviennent encore plus grandes et nous devons faire partie de l’une d’entre elles », avait-il ajouté. Alors que le Royaume-Uni a exporté un nombre record de voitures l’an dernier, Honda a pour sa part estimé que quitter l’UE serait mauvais pour les performances de l’industrie automobile britannique dans ce domaine. Dave Hodgetts, directeur général de Honda UK, a souligné que les constructeurs britanniques étaient très dépendants de l’Europe pour leurs exportations. Honda a investi 2 milliards de livres (2,37 milliards d'euros) au Royaume-Uni et exporte en Europe une grande partie des voitures qu’il fabrique dans son usine de Swindon (165 607 en 2012).

Frédérique Payneau