Les élections fédérales en Allemagne, un facteur d'inquiétude pour les constructeurs

La Chancelière Angela Merkel brigue un troisième mandat aux élections fédérales qui se dérouleront le 22 septembre. Or, la reprise de l’industrie automobile européenne après la crise que traverse actuellement la région dépend entre autres de l’Allemagne. En effet, près d’une voiture sur 4 écoulée sur le marché européen est vendue en Allemagne.

Actuellement, les sondages ne donnent pas de vainqueur clair. En effet, 47 % des Allemands souhaiteraient que la CDU (parti chrétien démocrate) reste au gouvernement, mais 45 % espèrent que le SPD (parti social démocrate) prenne le relai.

Néanmoins, ces élections nommeront non seulement le nouveau Chancelier ou la nouvelle Chancelière (au suffrage indirect) mais établiront également le nouveau gouvernement (le Bundestag). Or, si la plupart des Allemands souhaitent la mise en place d’un nouveau gouvernement, Mme Merkel reste leur personnalité politique préférée (avec 71 % d’opinions favorables), loin devant Peer Steinbrück, le candidat du SPD, qui ne réunit que 37 % d’opinions favorables.

Du fait de cette incertitude, les constructeurs d’automobiles et équipementiers suspendent certains projets. En effet, selon le gouvernement en place, de nouvelles mesures fiscales risquent d’affecter le pouvoir d’achat.

M. Steinbrück, principal opposant de Mme Merkel, souhaite en effet réduire l’écart entres riches et pauvres en augmentant les impôts pour les plus fortunés et en imposant un salaire minimum horaire. L’actuelle Chancelière a pour sa part fait savoir qu’elle ne comptait pas augmenter les impôts.

Ian Robertson, responsable des ventes et du marketing de BMW, a confirmé que les acteurs du secteur automobile attendaient le résultat des futures élections. Luca de Meo, responsable des ventes et du marketing d’Audi, a pour sa part souligné qu’à l’approche des élections, des décisions politiques importantes pourraient être prises, dans le cadre de la campagne du gouvernement sortant. En outre, Matthias Wissmann, président du VDA (association de l’industrie automobile allemande) a appelé le futur gouvernement à faire de l’Allemagne un site de production compétitif, notamment en aidant à réduire les coûts liés à l’énergie. En outre, M. Wissmann a rappelé que l’évolution des coûts salariaux unitaires serait un facteur déterminant pour faire de l’Allemagne un site de production attractif.

Hors d’Allemagne, le président de Pirelli, Marco Tronchetti, a déclaré que la politique économique menée par l’Allemagne à la suite des élections pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble du marché européen. Le fabricant de pneus italien va donc attendre novembre pour mettre à jour son business plan.

Cindy Lavrut