Les constructeurs réclament une confirmation des nouveaux tests de conduite en conditions réelles

Les constructeurs d’automobiles ont besoin d'une décision « claire » sur les nouveaux tests de conduite en conditions réelles, annoncés dans le sillage du scandale Volkswagen, afin de pouvoir s'y préparer le plus rapidement possible, ont-ils déclaré le 4 décembre à Bruxelles. « Aucun constructeur ne peut se préparer au respect des nouvelles normes des tests tant que le test n'est pas clair », a estimé Erik Jonnaert, secrétaire générale de l’Acea (Association des constructeurs européens d’automobiles).

« Tout le monde a maintenant intérêt à cette clarification, aussi rapidement que possible, ensuite les constructeurs connaîtront le contexte dans lequel ils doivent se préparer aux changements à effectuer, des changements qui sont parfois importants et qui requièrent de sérieux investissements », a souligné M. Jonnaert.

Fin octobre, lors d'un comité technique, l'Union européenne a décidé de seuils limites pour les nouveaux tests en conditions réelles de conduite, instaurés pour pallier les imperfections des mesures réalisées en laboratoire. L'application doit se faire en deux temps, en 2017 et 2019 selon les véhicules, en fonction de seuils de tolérance appliqués par rapport à la limite exigée en laboratoire, afin de prendre en compte certaines difficultés techniques.

Les deux législateurs de l'UE, le Conseil et surtout le Parlement, duquel se sont élevées de nombreuses critiques de la part de la majorité du spectre politique, peuvent encore opposer leur veto dans les trois mois suivant la décision. « Quelqu'un doit nous donner une référence. Et ce ne peut être que la Commission européenne », a martelé Carlos Ghosn, président de Renault et Nissan, mais aussi président de l'Acea.

« Pas très inquiet » sur les questions de technologies disponibles alors que l'industrie dépense plus de 40 milliards d'euros par an en recherche et développement, M. Ghosn s'inquiétait surtout du coût pour le consommateur. « Il ne faut pas que cela se traduise par des véhicules chers que le consommateur rejettera. On ne peut pas se permettre de mettre une solution sur le marché que le consommateur ne pourra pas s'offrir », a-t-il averti.

Les constructeurs européens ont par ailleurs rappelé la nécessaire « cohérence » de la législation en la matière. « L'Europe s'est concentrée sur les émissions de CO2, sa politique en matière de changement climatique [...] Comment la rendre cohérente avec la question de la qualité de l'air ? », s'est interrogé M. Jonnaert, rappelant qu'un moteur diesel émet 15 % à 20 % de gaz à effet de serre de moins qu'un moteur à essence, mais plus de gaz polluants comme les oxydes d'azote (NOx).

Dix-sept des 28 Etats membres de l'UE ont mis en place des systèmes pour inciter les consommateurs à acheter des véhicules diesel, qui représentent environ une voiture sur deux dans l'Union. Toutefois, les chiffres de ventes de voitures à l'automne ne montraient pas pour l'instant un impact négatif, a souligné Carlos Ghosn, qui attend pour tirer des conclusions les chiffres du premier trimestre de 2016. (AFP 4/12/15)

Alexandra Frutos