Les constructeurs manquent de pièces détachées importées de Turquie

Les constructeurs automobiles implantés en Russie sont confrontés à des difficultés d'approvisionnement en pièces détachées importées de Turquie, en raison des restrictions commerciales imposées par Moscou contre Ankara.

"Si la situation se prolonge concernant les problèmes de réception des chargements de pièces détachées et matériaux, les entreprises seront contraintes prochainement de cesser la production", a prévenu le vice-gouverneur de Saint-Pétersbourg, Sergueï Movtchane.

Après la destruction du bombardier russe par l'aviation turque le 24 novembre, la Russie a imposé un embargo sur certains fruits et légumes, ainsi que sur les volailles, de Turquie. Ces restrictions ne concernent pas les pièces détachées automobiles, mais selon le vice-gouverneur, l'ensemble des marchandises arrivant de Turquie sont soumis à des contrôles renforcés, d'où des retards.

Selon lui, Toyota, qui dispose d'une usine à Saint-Pétersbourg, n'a notamment pu recevoir aucun certificat douanier permettant le passage de ses pièces à la frontière depuis deux semaines. Les douanes ont annoncé "des mesures supplémentaires" en vue de garantir les approvisionnements des industriels.

Le journal financier russe Vedomosti avait rapporté début décembre que l'alliance Renault-Nissan ainsi que Lada avaient rencontré des difficultés d'approvisionnement, résolues à la suite de nombreuses plaintes auprès des douanes. Quelques jours plus tard, le site d'informations RBK a indiqué qu'une ligne de production de Lada, où sont assemblés des modèles Renault et Nissan, avait dû s'arrêter pendant cinq heures faute de portières en nombre suffisant.

Ces difficultés interviennent dans un contexte où l'industrie tourne au ralenti en raison de l'effondrement des ventes liées à la crise économique. (AFP 11/12/15)

Juliette Rodrigues