Les constructeurs français ne veulent pas passer à côté du décollage du marché automobile africain (1/2)

Les constructeurs français ne veulent pas passer à côté du décollage du marché automobile africain. Alors que plusieurs grands marchés émergents ont déçu ces derniers mois (Russie, Brésil, Inde, etc.), PSA Peugeot Citroën et Renault se montrent de plus en plus intéressés par le continent africain, ont expliqué Les Echos dans un grand dossier consacré il y a quelques jours à ce phénomène, dossier qui fait aussi le point sur l’état de développement des principaux marchés africains.

Chez PSA, la zone fait partie depuis l'été dernier d'une direction spécifique représentée au comité exécutif par Jean-Christophe Quémard. « L'Afrique est l'un des plus beaux potentiels de croissance avec l'Asie du Sud-Est. Nous n'avons peut-être pas prêté toute l'attention nécessaire à ces marchés », explique le dirigeant. Si le Maghreb reste une zone d'influence, la marque au lion a perdu du terrain en Afrique subsaharienne au profit des Japonais et des Coréens, en particulier Toyota, qui domine cette zone. Elle a notamment manqué d'une offre adaptée depuis l'arrêt du pick-up 504. D’après les estimations de PSA, les ventes de voitures neuves dans la zone Afrique-Moyen-Orient devraient grimper à 8 millions de véhicules en 2025, contre 5 millions aujourd'hui. Le constructeur a signé l'an dernier un accord d'assemblage avec PAN Nigeria pour revenir dans ce pays qu’il juge prometteur. Pour aller plus loin, il étudie même la création d'une usine. « Nous réfléchissons à une implantation industrielle. Rien n'est décidé, c'est une hypothèse de travail. L'objectif serait d'alimenter le marché africain », indique M. Quémard.

Reste à savoir si PSA, encore en phase de redressement, pourra financer ce type d'investissement, notamment en s’appuyant sur son nouvel actionnaire Dongfeng. « Avoir un actionnaire chinois à notre capital est un atout », indique Jean-Christophe Quémard, tout en rappelant la politique massive d'investissement du gouvernement chinois en Afrique.

Chez Renault, l'Afrique et le Moyen-Orient font aussi l'objet d'une nouvelle direction depuis septembre dernier. Si la marque au losange mise sur l'Afrique depuis quelques années déjà (sites marocains de Tanger et à Casablanca ), elle a aussi ouvert, en novembre, sa première usine en Algérie, qui dispose d'une capacité initiale de 25 000 unités destinée à atteindre, à terme, 75 000 véhicules. Le constructeur va également, d'ici à la fin de l'année, installer une petite unité de CKD (assemblage en kit) au Nigeria. « Nous avons vendu près de 200 000 véhicules en 2014 sur le continent. Pour 2020, nous visons les 370 000 unités et nous devrions approcher les 500 000 unités dans dix ans », indique Bernard Cambier, directeur de la zone Moyen-Orient de Renault. Le groupe affirme détenir 11,5 % de part de marché sur le continent et compte porter cette pénétration à 17,5 % en 2020.

Alexandra Frutos