Les constructeurs démocratisent les systèmes d'aide à la conduite (1/2)

Les marques généralistes intègrent désormais les systèmes d'aide à la conduite réservés il y a quelques années encore aux modèles premium, observent Les Echos. Cette année, au Salon de Genève, Apple et Google étaient sur toutes les lèvres. En attendant le "big bang" annoncé par les deux géants de la Silicon Valley, qui seraient tous deux en train de réfléchir à une voiture autonome, les constructeurs traditionnels automatisent leurs voitures. Assistance au parking, conduite automatique en embouteillage, détecteur de fatigue, reconnaissance des panneaux de signalisation, détection de l'angle mort, etc. "Notre industrie a besoin d'avoir ce genre d'entité en rupture qui entre dans le jeu et force les constructeurs à s't mettre", a déclaré Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat Chrysler Automobiles.

Jusqu'ici réservées au haut de gamme, poursuivent Les Echos, les fonctions d'aide à la conduite prolifèrent chez les marques généralistes. "Le déploiement concret va démarrer en 2016", renchérit Laurent Blanchet, directeur du produit chez Peugeot. Et de plus en plus, ces équipements vont être proposés en série. "C'est un sujet majeur, d'autant plus avec les rumeurs sur Apple et Google. Il n'est pas question pour nous de devenir un fournisseur de ferraille", indiquait Didier Leroy lorsqu'il était à la tête de Toyota Europe. D'ici à fin 2015, 70 % des modèles du constructeur japonais proposeront le pack "safety" qui concentre ses différentes aides à la conduite. Autre exemple, chez Peugeot, le freinage automatique d'urgence reste pour l'instant une option sur la 308, sauf dans sa finition la plus haut de gamme. Mais les choses évoluent rapidement. "Les technologies passent de plus en plus vite du premium au milieu de gamme. Avant, il fallait sept à dix ans. Maintenant, c'est plutôt entre deux et trois ans", constate Ian Robertson, directeur des ventes chez BMW. Et pour cause, tous les constructeurs travaillent avec les mêmes équipementiers, Bosch, Continental, Valeo ou TRW, ce qui accélère les transferts technologiques.

Si ces équipements sont devenus accessibles aux généralistes, c'est d'abord grâce aux progrès réalisés dans leur conception. "Là où nous avions besoin de cinq caméras, nous n'en mettons plus qu'une. Cette mutualisation permet au milieu de gamme de s'approprier ces technologies", explique Jean-Marc Finot, directeur de l'innovation chez PSA. Autre facteur : l'aide à la conduite est en train de s'imposer dans les tests de sécurité. "On est arrivé à une asymptote en termes de sécurité passive. C'est pourquoi on intégrera de plus en plus à l'avenir de sécurité active, c'est-à-dire en amont de l'accident", poursuit-il. Les tests de sécurité Euro NCAP évoluent, ce qui conduira les constructeurs à proposer ces équipements en série, comme ce fut le cas par exemple pour l'ESP. "La détection des piétons ou le freinage d'urgence deviendront rapidement une obligation", estime Andreas Titze, responsable du développement des systèmes d'assistance pour la marque Volkswagen.

Juliette Rodrigues