Les constructeurs d’automobiles prêts à relever les défis gouvernementaux de 2040

Les constructeurs d’automobiles se disent prêts à relever le défi de la fin des voitures diesel et à essence en France d'ici à 2040, mais comptent sur l'Etat pour soutenir cette mutation, en aidant par exemple au déploiement de prises de recharge pour véhicules électriques. « C'est très positif. Les constructeurs français sont déjà dans cette dynamique d'électrification » de leurs véhicules », assure le directeur de la communication du CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles), François Roudier. La voiture électrique à 20 000 euros, « on y arrive, mais c'est un sacré challenge technique », souligne-t-il.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a promis le 6 juillet que plus aucune voiture diesel ou à essence ne serait vendue en France d'ici à 2040. « Nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse », a-t-il assuré.

Renault a récemment quasi-doublé l'autonomie de la Zoé, passant de 240 à 400 kilomètres. De son côté, le Groupe PSA a promis que 80 % de ses modèles seraient disponibles en motorisation électrique à l’horizon 2023, et doit sortir, entre 2019 et 2021, cinq modèles électriques et sept modèles hybrides.

La trajectoire fixée pour 2040 répond à la « notion d'investissement sur les lignes de production des constructeurs, pour orienter leurs investissements », commente Marie Castelli, secrétaire générale de l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France). « On a des besoins de visibilité. [...] C'est très important, pour investir ou désinvestir », ajoute Joël Pédessac, directeur général du Comité Français du Butane et du Propane (CFBP), organisation professionnelle de la filière des Gaz de pétrole liquéfiés (GPL). Cette annonce « est surtout un message à destination des industriels, pour leur dire ?bougez-vous’ », estime-t-il.

La barre des 100 000 véhicules électriques en circulation dans l'Hexagone a été passée cette année, alors qu'on n'en comptait que 980 en 2010. Côté GPL, le parc est de 200 000 véhicules. Les professionnels du secteur insistent néanmoins sur la nécessité d'un soutien des pouvoirs publics au développement des infrastructures, et notamment au déploiement de bornes de recharges pour les véhicules électriques. « Il faut qu'on ait la capacité de recharger un véhicule électrique ou hybride rechargeable aussi bien qu'un véhicule à essence ou diesel », insiste M. Roudier. La France compte près de 5 300 stations de recharge électriques ouvertes au public, soit près de 16 000 points de recharge. On compte également 62 000 points installés dans les sites des entreprises, et 44 000 chez les particuliers. (AFP 6/7/17)

Alexandra Frutos