Les constructeurs coréens font face à des vents moins favorables sur leur marché et à l'étranger (2/2)

Les constructeurs coréens prennent des initiatives en vue de stopper l'érosion de leurs ventes sur leur marché. Au début du mois de janvier, Hyundai et Kia ont annoncé pour la première fois des baisses de prix : le premier a baissé les prix de cinq modèles populaires, parmi lesquels la Sonata, et Kia les prix de trois modèles majeurs, dont la K9. GM Korea a pour sa part baissé ses prix dans tous les segments et Renault Samsung a lancé un nouveau programme de financement. Les constructeurs coréens s’efforcent en outre d’améliorer la qualité de leur véhicules et leur service. Ils envisagent par ailleurs d’étoffer leur offre de voitures diesel pour répondre à la demande croissante sur ce segment du marché dominé par les marques étrangères.

D’un point de vue plus général, les constructeurs coréens pâtissent d’une évolution défavorable des devises, qui voit depuis la mi-2012 le won s’apprécier face au yen. L'appréciation de la devise coréenne accroît les coûts de production des constructeurs locaux et renchérit leurs véhicules sur les marchés étrangers, tandis que la dépréciation du yen favorise les exportations des groupes japonais avec lesquels les constructeurs coréens sont en concurrence sur le marché mondial. Hyundai, Kia et GM Korea, qui exportent une grande partie de leur production, sont particulièrement touchés. Les bénéfices de Hyundai et Kia ont progressé sur l’ensemble de l’année écoulée, mais ils ont reculé au dernier trimestre et devraient continuer à être malmenés alors que le yen continue à baisser. La Corée du Sud, qui a enregistré en 2012 un fort ralentissement de sa croissance à 2 %, le rythme le plus faible depuis trois ans, vient d’ailleurs de revoir à la baisse sa prévision de croissance pour l’année en cours à 2,3 %, contre 3 % prévus en décembre dernier. « Il est difficile d’attendre un rebond significatif des exportations cette année en raison du faible redémarrage de la demande mondiale et de la faiblesse du yen » qui favorise les exportateurs japonais dans les secteurs clés de l’équipement électronique et de l’automobile, a indiqué le ministère coréen des Finances. « Les perspectives d’amélioration de la consommation intérieure et de l’investissement des entreprises sont également faibles à court terme », a-t-il ajouté.

Frédérique Payneau