Les constructeurs coréens font face à des vents moins favorables sur leur marché et à l'étranger (1/2)

Après avoir connu une forte croissance au cours des dernières années, les constructeurs coréens perdent du terrain sur leur marché et pâtissent également du ralentissement économique et d’une évolution défavorable des taux de change sur les marchés étrangers.
En 2012, la Corée du Sud a conservé le rang de cinquième producteur mondial de véhicules, mais sa production a reculé de 2,1 %, à 4,56 millions d’unités. Les cinq constructeurs locaux - Hyundai et sa société s’ur Kia, GM Korea, Renault Samsung et Ssangyong - ont également subi un recul de 4 % de leurs ventes sur leur marché national. Les ventes combinées de Hyundai et Kia, qui détiennent ensemble 80 % environ du marché coréen, ont reculé de 2,3 %, tandis que GM Korea et Ssangyong ont progressé.

La Corée du Sud, comme le Japon, est un pays dont le marché automobile est très largement dominé par les marques locales. Les constructeurs coréens contrôlent encore aujourd’hui près de 90 % de leur marché, mais ils sont de plus en plus concurrencés par les constructeurs étrangers. Ceux-ci ont en effet enregistré ces dernières années une forte croissance sur un marché qui est resté globalement stable. L’an dernier, leurs ventes ont augmenté de 24 %, à 130 858 unités, et ils ont capté pour la première fois 10 % du marché coréen. Pour 2013, la KAIDA (l’association des importateurs en Corée du Sud) table sur une hausse de 8 % des ventes de voitures importées, à 143 000 unités.

Les marques étrangères sont avantagées par les accords de libre-échange conclus entre la Corée du Sud et l’Union européenne d’une part et les Etats-Unis d’autre part, qui sont entrés en vigueur respectivement en juillet 2011 et en mars 2012. Les droits de douane appliqués aux voitures étrangères ont ainsi été réduits et ils seront éliminés dans les prochaines années. Les importateurs sont aussi avantagés par l’évolution des devises : l’appréciation du won a permis à certains constructeurs étrangers de baisser leurs prix sur le marché coréen cette année. Ils profitent en outre du changement d’attitude des Coréens à l’égard des produits étrangers. Ceux-ci ont longtemps préféré les marques locales, mais les choses changent, et les jeunes et les femmes, notamment, sont plus ouverts aux marques importées. A noter également que les importateurs enrichissent rapidement leur offre : ils devraient lancer cette année une cinquantaine de nouveaux modèles, contre cinq seulement pour les constructeurs coréens.

Frédérique Payneau