Les constructeurs chinois en Afrique

La croissance du marché chinois commence à ralentir et les constructeurs locaux sont ceux qui souffrent le plus de ce ralentissement, faute de modèles adaptés aux goûts des consommateurs locaux. En effet, les groupes étrangers parviennent à augmenter leur part de marché au détriment des marques chinoises. Ainsi, la pénétration des constructeurs chinois en Chine s’est établie à 24 % en 2012, son niveau le plus bas.

Les modèles chinois sont généralement des véhicules à bas coûts, alors que les automobilistes chinois apprécient particulièrement les voitures de haut de gamme et les véhicules de loisir. Les constructeurs chinois (dont Chery, Geely et Brilliance) vers d’autres marchés émergents, notamment vers l’Afrique. Le marché africain convient en effet parfaitement aux constructeurs chinois, les besoins des automobilistes africains correspondant aux véhicules qu’ils produisent.

Le continent africain devrait enregistrer cette année une croissance de 4,8 %, puis de 5,3 % en 2014, selon les estimations de la Banque Africaine de Développement. En outre, grâce à la croissance économique soutenue enregistrée en Afrique ces 20 dernières années, la classe moyenne a progressé et compte désormais environ 350 millions de personnes (soit un habitant sur trois). Cet essor de la classe moyenne a une influence positive sur les ventes d’automobiles.

Actuellement, près de 1,7 million de véhicules neufs sont écoulées chaque année sur le continent africain et ce volume devrait passer à 3 millions d’unités avant 2020. L’Afrique représente donc un marché important pour les constructeurs chinois, qui y ont exporté 250 000 véhicules l’an dernier. L’Afrique est donc le premier débouché à l’exportation des constructeurs chinois, devant l’Amérique latine.

A titre d’exemple, Great Wall Motors a vendu 25 000 voitures en Afrique en 2012, en s’appuyant sur un réseau de 200 distributeurs répartis sur le continent. Foton a pour sa part réalisé un chiffre d’affaires de 220 millions de dollars dans la région l’an dernier.

La plupart des constructeurs chinois se sont lancés sur le marché africain en mettant en place un réseau de distribution en Afrique de l’Est, afin de bénéficier des droits de douane réduits liés à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et commencent désormais à implanter des unités de production sur le continent.

FAW envisage ainsi de produire des berlines en Afrique du Sud d’ici à 2015, tandis que Chery compte construire des usines en Egypte et au Kenya, afin de réduire ses coûts de production de 30 % (par rapport aux véhicules exportés depuis la Chine).

Cindy Lavrut