Les caractéristiques du marché automobile chinois 2/2

Les voitures à bas coûts sont particulièrement importantes actuellement sur le marché chinois au regard de la croissance qu’enregistrent actuellement les villes chinoises de moyenne importance. En effet, dans ces villes, le taux de motorisation est encore très bas, ce qui offre une grande opportunité de développement du marché automobile. Toutefois, dans ces villes d’importance secondaire, la population est moins aisée que dans les grandes métropoles du littoral (telles que Pékin, Canton, Shanghai ou encore Shenzhen). La population y est plus rurale et plus ouvrière. Les habitants cherchent donc des voitures bon marché et les modèles à bas coûts sont donc très demandés.

Ainsi, en 2012, le taux de croissance du marché automobile dans les villes de moyenne importance s’est établi à plus de 30 %, à un niveau bien plus élevé que le marché automobile chinois dans son ensemble (+ 4 %). Les ventes d’automobiles dans ces villes ont représenté un chiffre d’affaires de 800 millions de yuans (94 millions d’euros).

Malgré cette évolution vers les modèles à bas coûts, le marché chinois reste dominé par les constructeurs étrangers. Le Ministère chinois de l’Industrie veut donc promouvoir les marques chinoises en modifiant la loi qui limite à 50 % la participation d’un constructeur chinois dans une coentreprise implantée en Chine.

En outre, les constructeurs chinois développent de plus en plus de véhicules électriques. Wang Chuanfu, président de BYD, estime que le marché chinois des véhicules électriques est à un tournant majeur de son évolution. Selon lui, les ventes devraient augmenter cette année, bien qu’elles ne devraient pas atteindre un volume réellement significatif avant plusieurs années, notamment à cause du manque d’infrastructures de recharge dans le pays. En effet, l’Etat avait prévu de construire 4 000 bornes de recharge sur la période 2013-2015, mais à fin 2013, seules 400 bornes étaient installées. A titre d’exemple, la ville de Pékin, avec ses 20 millions d’habitants, ne compte que 69 bornes de recharge et Shanghai (25 millions d’habitants) ne dispose que de 12 bornes.

Néanmoins, il y a des signes encourageants pour le développement de l’électromobilité en Chine. En effet, tous les véhicules électriques et hybrides rechargeables sont désormais éligibles à une aide à l’achat, alors que jusqu’à présent, les gouvernements provinciaux (voire municipaux) ne subventionnaient que les véhicules produits par les constructeurs de leur région. En 2014, le volume des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables pourrait ainsi ne plus être négligeable.

Cindy Lavrut