Les aides gouvernementales pour promouvoir les véhicules verts en Chine n'ont pas eu les résultats attendus (2/2)

Néanmoins, même en bénéficiant de trois années supplémentaires, il n’est pas certain que les aides gouvernementales au développement des véhicules verts aient l’effet escompté. En effet, de nombreux obstacles freinent la croissance du marché des véhicules hybrides et électriques.

Par exemple, le protectionnisme local porte atteinte au marché des véhicules verts à l’échelle nationale. En effet, étant donné que les gouvernements locaux des provinces ou grandes métropoles chinoises ont pu mettre en place des politiques de promotion de l’électromobilité « personnalisées », ils ont généralement instauré des clauses visant à promouvoir en priorité des véhicules propres provenant de leur région, au détriment de modèles venant d’autres parties de la Chine.

De nombreuses provinces ont mis en place des subventions pour les constructeurs de véhicules hybrides et électriques sous formes de réduction des impôts payés directement au gouvernement local. Les constructeurs implantés dans d’autres provinces ? ne payant pas d’impôts localement ? ne sont donc pas éligibles à ces aides.

Le leader chinois en termes de ventes de véhicules électriques, BYD (dont le siège se situe à Shenzhen), peut être pris en exemple. Depuis le début de la production de son modèle électrique E6, e groupe a vendu plus de 800 exemplaires de cette voiture à la flotte de taxis locale. Toutefois, le modèle ne connaît pas le même succès en dehors de Shenzhen, faute d’aides.

Autre exemple, à Canton, la voiture choisie comme référence pour la promotion de l’électromobilité est la Nissan Leaf. Ce modèle bénéficie donc d’aides plus importantes. En outre, la ville de Canton a étendu ses aides aux véhicules hybrides, ce qui a grandement profité à la coentreprise Gangqi Toyota, le Japonais proposant une large gamme de véhicules hybrides (contrairement à BYD).

A Shanghaï, les Roewe E50, Sail Springo et Lifan ? toutes produites localement ? sont les principaux modèles bénéficiaires d’aides. A Pékin et Hangzhou, la situation est la même, seuls les modèles produits localement bénéficient de subventions suffisantes pour doper les ventes.

Si ces politiques de promotion mises en place à l’échelle continuent à être appliquées en parallèle des aides nationales, le marché chinois des véhicules hybrides et électriques risque d’être particulièrement fragmenté, ce qui freinera le développement de l’électromobilité en général.

Cindy Lavrut