Les adhésifs de haute technologie sont de plus en plus utilisés dans l'industrie automobile

Les stricts objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par la Commission européenne imposent une forte diminution de la consommation des véhicules, qui peut s’obtenir en diminuant le poids des automobiles, qui pèsent en moyenne 1 400 kg actuellement.

Les constructeurs utilisent donc de plus en plus d’aluminium et de matériaux composites pour alléger leurs véhicules. Le fabricant d’aluminium Alcoa compte ainsi tripler ses ventes de feuilles d’aluminium aux constructeurs d’automobiles d’ici à 2015.

Du fait de la présence plus fréquente de ces matériaux, les pièces de carrosserie ne peuvent plus toujours être soudées ensemble et doivent donc être collées. Les fabricants d’automobiles doivent donc avoir recours à des adhésifs de haute technologie qui peuvent maintenir les pièces ensemble à une vitesse et une pression élevées. Les adhésifs industriels, tels que les polyoléfines, sont donc désormais des produits particulièrement recherchés par les constructeurs.

Le marché des adhésifs pour l’industrie automobile représente actuellement 2 à 3 milliards d’euros par an, soit mois de 10 % du marché total des adhésifs. Toutefois, la quantité d’adhésifs utilisés dans la construction d’une automobile pourrait augmenter de plus de 30 % d’ici 5 à 10 ans, pour atteindre 15 kg.

De ce fait, les équipementiers Henkel, PPG et Atlas Copco fournissent des adhésifs spécialement développés pour l’industrie automobile, qui peuvent absorber les chocs (en cas d’un accident de la route).

Henkel notamment se concentre actuellement sur le développement d’adhésifs spécifiques pour l’industrie automobile et aéronautique, allant jusqu’à vendre des divisions produisant des colles plus simples pour financer le développement de ces nouveaux produits. En effet, les adhésifs de haute technologie représentent une marge opérationnelle de 16,5 % (contre 14,9 % pour l’ensemble du groupe).

Par ailleurs, Michael Zuern, responsable du département Ingénierie des matériaux de Mercedes, a indiqué que le constructeur travaillait en collaboration avec plusieurs équipementiers afin de trouver des applications complexes et spécifiques pour ces adhésifs de haute technologie. En outre, M. Zuern estime que ces adhésifs renforcent la rigidité de la carrosserie, permettant une meilleure absorption des chocs et une réduction des bruits dans l’habitacle.

Bernd Mlekusch, responsable du développement technologique au sein d’Audi, estime que la quantité d’adhésif utilisé dans une voiture de la marque (calculée en longueur totale de substance de scellement plutôt qu’en kg) devrait passer de 100 m actuellement à 150 m dans les années à venir.

Cindy Lavrut