Les Etats-Unis veulent éradiquer la mortalité routière (2/2)

Le principe du zéro décès sur les routes a été adopté pour la première fois en Suède en 1997. Un nombre croissant d’Etats et de villes ont depuis repris cet objectif.Outre la Suède, les Pays-Bas, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège veulent éradiquer la mortalité routière. Les progrès enregistrés sont déjà spectaculaires. Ainsi, la Suède n’a eu à déplorer que 270 morts sur ses routes en 2014 et les Pays-Bas, 570.Des experts de l’OCDE ont étudié, sous la houlette du forum international des transports, les pratiques mises en place par ces pays et en ont tiré des réflexions et des recommandations dans un rapport qui a été publié début octobre.Premier constat, « Les données issues de ces pays pionniers montrent que 30 % seulement des accidents graves sont dus à des violations délibérées des règles de conduite ou à des comportements à risque. La majorité d’entre eux résultent de simples erreurs de jugement ou de perception chez des conducteurs respectueux des règles », écrivent les auteurs du rapport.« Il faut bâtir un système qui pardonne l’erreur. C'est-à-dire qui limite les conséquences d’une collision, si collision il y a », indique Ian Cameron, un expert australien de la sécurité routière qui a présidé le groupe de travail. La vitesse est un élément crucial de ce « système résilient », tout simplement parce que le corps humain « a une capacité limitée à absorber l’?énergie cinétique provoquée par un choc », rappelle le rapport. Les experts recommandent donc d’adapter la vitesse réglementaire à l’environnement, en fonction du risque de collision : pas plus de 30 km/h en ville, où les voitures cohabitent avec des usagers fragiles tels que les piétons et les vélos ; pas plus de 50 km/h aux carrefours avec risque de collision latérale, et pas plus de 70 km/h quand il existe un risque de collision frontale.Il convient également d’adapter l’infrastructure pour limiter les risques d’un accident, en évitant par exemple les sorties de route grâce à des glissières de sécurité ou en supprimant les obstacles en bord de route tels que les arbres ou les piliers. « L’organisation des secours est aussi un point crucial », ajoutent les experts.Ces derniers soulignent en outre que rien ne peut se faire sans un changement complet de mentalité : « On ne peut pas tenir l’objectif du zéro mort et zéro blessé grave si les décideurs ? et l’opinion ? ne sont pas convaincus que l’insécurité routière est inacceptable et qu’elle n’est pas le prix à payer dans une société fortement motorisée », écrivent-ils. Les décideurs doivent aussi prendre le soin de communiquer sur les résultats engrangés, afin de convaincre de la crédibilité de leur objectif.

Frédérique Payneau