Le taux d’intégration locale de PSA en Amérique latine va passer de 60 % à 80 %

Dans un entretien accordé à AUTOACTU.COM (8/10/14), le directeur de la région Amérique latine de PSA Peugeot Citroën Carlos Gomes explique que, pour que la zone Amérique latine devienne un « centre de profit » pour le groupe, le constructeur doit redéfinir son plan produit et améliorer son taux d’intégration locale. Ce dernier devra passer de 60 % à 80 % d’ici à 2017. « Cela représente 1,5 milliard de reals (environ 500 millions d’euros) d’achats locaux supplémentaires », indique M. Gomes, soulignant que cette augmentation de 20 points répond à trois enjeux. « Cela va nous permettre de nous désensibiliser aux variations de change, d’intégrer des technologies locales mieux adaptées aux besoins de la région et enfin de baisser notre PRF (Prix de Revient de Fabrication) en diminuant notamment les coûts logistiques », explique-t-il. Ce dernier point fait d’ailleurs l’objet d’un objectif chiffré par le président de PSA Carlos Tavares, qui attend une baisse du PRF de 450 euros par véhicule d’ici à 2016. En découle un deuxième objectif prioritaire, qui est le retour à la profitabilité en Amérique latine en 2017.

« La question de l’intégration locale est effectivement centrale en Amérique latine, d’autant que les coûts logistiques sont beaucoup plus élevés qu’en Europe faute de transports ferroviaires et maritimes. Mais l’amélioration du sourcing demande aussi des investissements qu’en 2012 et 2013, PSA n’était pas en mesure de réaliser. Nous avons donc pris du retard mais nous sommes en train de le rattraper », explique M. Gomes.

« Nous sommes déjà en phase d’amélioration de nos résultats financiers et nous sommes d’ailleurs le seul constructeur de la zone dans ce cas », souligne le dirigeant. Si cette amélioration peut être liée en partie à la baisse des volumes qui engendre mécaniquement une réduction des coûts, elle est surtout les premiers résultats de l’application du plan Back in the Race. « Nous avons réduit nos coûts fixes, ajusté notre production à la demande avec désormais deux équipes dans notre usine brésilienne et une dans notre usine argentine et assuré une bonne tenue de nos prix », indique le directeur.
Concernant la réduction des coûts, « cela ne se résume pas à des coupes dans nos effectifs. Il s’agit surtout de mieux utiliser nos capitaux. Nous avons par exemple réalisé un travail de fonds pour optimiser nos dépenses marketing en utilisant davantage le canal digital. Cette quête d’efficience financière nous oblige à mieux cibler nos messages et les résultats sont là. Au Brésil, 8 % des ventes retail de Citroën proviennent du digital », souligne-t-il.

M. Gomes n’attend pas de reprise sur les marchés brésilien et argentin en 2015. « Il faudra certainement attendre le élections en fin d’année pour voir une réelle amélioration », prévoit-il. (AUTOACTU.COM 8/10/14)

Alexandra Frutos