Le retour de Valeo dans le CAC 40, consécration pour un groupe qui a su se réinventer

A sa sortie du CAC 40 en 2001, Valeo affichait une perte de 591 millions d’euros. L’an dernier, il a engrangé 439 millions d’euros de profit. En douze ans, le groupe a réussi à améliorer sa marge opérationnelle de 70 %, pour la porter à 6,6 % en 2013. Cette performance est d’autant plus remarquable que, sur la même période, son chiffre d’affaires n’est passé que de 10,2 à 12,1 milliards d’euros. Pour améliorer ses marges de façon aussi spectaculaire, Valeo a tout misé sur l’innovation ces dernières années. Il dispose maintenant de 16 centres de recherche dans le monde et de 35 centres de développement. L’an dernier, ses frais de recherche et développement ont d’ailleurs atteint 643 millions d’euros, soit 5,3 % du chiffre d’affaires.

Parallèlement à cette offensive dans l’innovation, l’équipementier a développé le nombre de ses clients dans le monde : les constructeurs français ne représentent plus que 16 % de son activité, tandis que les groupes allemands assurent 30 % de son chiffre d’affaires et les japonais, 27 %.

Le directeur général de Valeo Jacques Aschenbroich a récemment expliqué que le retour du groupe dans le CAC 40 était une « consécration » et que l’entreprise était « aujourd’hui bien armée pour l’avenir, notamment pour livrer la bataille de la voiture sans conducteur face à Google ou Apple ». « Pour les équipes qui ont beaucoup travaillé, ces dernières années, c’est une reconnaissance et une fierté. Ce retour dans le CAC 40 nous donnera une visibilité, bien sûr vis-à-vis de nos investisseurs, mais surtout dans les universités du monde entier pour recruter les meilleurs diplômés. C’est important. Mais cela n’aura pas d’impact sur notre stratégie », a souligné le dirigeant.

« L’essentiel pour un équipementier n’est pas de grandir pour grandir, mais d’avoir la taille critique sur ses métiers », ce qui est le cas de Valeo. « Nous sommes les numéros un ou deux dans toutes nos activités. Quant à une grande acquisition, nous n’y sommes pas opposés en théorie, mais ce n’est pas la stratégie que nous privilégions. Notre obsession reste la croissance organique. Elle est forte, de l’ordre d’un milliard d’euros de plus par an », a par ailleurs martelé M. Aschenbroich, qui compte pérenniser le succès de l’entreprise.

Alexandra Frutos