Le projet « Usine Excellente », un levier pour améliorer la compétitivité de PSA

Le concept d’Usine excellente définit le meilleur savoir-faire de PSA Peugeot Citroën en matière industrielle selon quatre critères majeurs : la réduction des coûts de main-d’?uvre dans la valeur ajoutée, l’augmentation de la part des achats dans les pays à bas coûts, l’augmentation du taux d’utilisation des capacités de production et la poursuite des opérations de « compactage », qui consistent à diminuer les surfaces utiles, notamment des bâtiments, afin de limiter la consommation d’énergie.

PSA Peugeot Citroën a mis en ?uvre le projet Usine Excellente pour améliorer la productivité, la flexibilité et la qualité de tous ses sites industriels européens. Ce projet doit notamment permettre de réduire le temps d'assemblage des véhicules et réduire ainsi leur coût de revient.

Le constructeur a démarré un cycle de négociations avec les syndicats afin de bâtir un nouveau contrat social qui contribuera à redresser le groupe. Dans ce cadre, la direction a présenté aux syndicats son projet Usine Excellente, sur lequel repose en partie l’amélioration de la compétitivité de ses véhicules. L’enjeu pour le groupe « est de faire un effort de stabilité salariale et de gagner au même moment en productivité pour améliorer la compétitivité », explique Denis Martin, directeur industriel de PSA.

Pour gagner en productivité, le groupe a recensé les meilleures pratiques, les meilleurs processus et résultats de chacun de ses sites, pour faire naître la vision de l’Usine Excellente. Cette « usine idéale » est celle vers laquelle chacune des usines européennes du groupe doit converger. « Vigo est par exemple la meilleure usine en termes d’optimisation de surface, Rennes est l’une qui présente les meilleurs résultats sur le plan de la qualité et Trnava est celle qui présente les meilleures performances en matière d’heures passées pour produire un véhicule (taux HPV), avec un temps de 17 heures par véhicule », souligne M. Martin.

Avec une organisation optimisée des usines et une amélioration de la flexibilité des lignes de production, le groupe PSA estime que d’ici à 4 ou 5 ans, tous les sites du groupe devront réussir à atteindre un taux HPV de 14,5 heures. Cette baisse doit permettre de réduire fortement les coûts de production, souligne M. Martin, rappelant qu’une heure de travail représente un coût de 35 euros en France (contre 10 euros au Portugal et 11 euros en Slovaquie). Les usines françaises du groupe ont un taux HPV moyen de 20 heures par véhicule (en nominal, c’est-à-dire hors coûts de structure), imputable au fait qu’elles produisent des véhicules des segments B premium, C et D. « Néanmoins, nous gagnons 1 heure par an depuis plusieurs années et nous arriverons à notre objectif », souligne M. Martin. Dès la fin de l’année, les usines françaises du groupe devront atteindre un taux HPV de 18,5 heures.

Si PSA parvient à atteindre son objectif de 14,5 heures d’ici à 5 ans, cela signifierait que la part salariale de l’assemblage d’une voiture en France passerait de 700 euros à 507,50 euros, ce qui représenterait une économie de près de 193 euros par voiture.

En parallèle, les sites doivent converger vers « un plus haut » en matière de qualité. En 2015, toutes les usines devront présenter un taux supérieur à 80 % de « bon direct », c’est-à-dire de véhicules n’ayant pas besoin d’être repris sur la ligne pour correction. Les usines françaises ont actuellement un taux moyen de 75 % de bon direct. Le site de Sevelnord qui produira prochainement des petits utilitaires pour Toyota, présente pour sa part un taux qui avoisine les 90 % grâce à la correction des postes à problèmes.

Alexandra Frutos